Yosra Ouanes
01 Avril 2022•Mise à jour: 01 Avril 2022
AA/Tunis
Le Parlement tunisien dissous a confirmé, vendredi, que son président Rached Ghannouchi a été entendu par la brigade antiterroriste.
C’est ce qui ressort d’un post publié par l'assesseur du président de l'Assemblée des représentants du peuple (ARP) chargé de l’information et de la communication, Maher Madhioub, sur le réseau social Facebook.
Plus tôt dans la journée de ce vendredi, le bureau de l’ARP a indiqué que les autorités tunisiennes ont convoqué le président du Parlement et chef de file du mouvement d’obédience islamique Ennahdha, Rached Ghannouchi, « pour un interrogatoire dirigé par l'Unité nationale d'investigation sur les crimes terroristes ».
Mercredi, l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a adopté, lors d’une plénière virtuelle, un projet de loi abrogeant les mesures d’exception décidées par le président de la République, Kaïs Saïed, le 25 juillet dernier.
À cette date, le chef de l’État tunisien, avait pris une série de mesures d'exception, portant notamment suspension des travaux du Parlement et levée de l'immunité dont bénéficiaient les députés.
Il avait également suspendu l’Instance de contrôle de la constitutionnalité des lois et décidé de légiférer par voie de décrets, de même qu'il a dissous le Conseil supérieur de la magistrature.
Quelques heures après la tenue de la plénière en ligne de l’APR, le locataire de Carthage a annoncé dans une allocution télévisée, la dissolution du Parlement « pour préserver l'État et ses institutions », qualifiant la plénière virtuelle et ses décisions de « tentative de coup d'État ratée ».
La majorité des forces politiques et sociales tunisiennes, rejette les décisions de Saïed, qu'elle considère comme étant « un coup d'Etat contre la Constitution », tandis que d'autres partis les soutiennent, estimant qu'il s'agit d'une « restauration du processus de la Révolution » de 2011.
Saïed, qui avait entamé un mandat présidentiel de cinq ans en 2019, a dit que ses décisions sont des mesures prises dans le cadre de la Constitution pour protéger l'Etat « d'un péril imminent », mettant l'accent sur la préservation des droits et des libertés.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail