Adil Essabiti
13 Juillet 2018•Mise à jour: 13 Juillet 2018
AA/ Kasserine (Tunisie)
Le procès sur les événements de la Révolution tunisienne de janvier 2011 s’est ouvert vendredi, dans les villes de Kasserine et de Thala, dans l'ouest de la Tunisie. De strictes mesures sécuritaires ont été prises dans ce contexte.
Selon le correspondant d’Anadolu, le procès s’inscrit dans le cadre de la loi sur la justice transitionnelle après le renvoi du dossier par l’Instance Vérité et dignité (constitutionnelle) en mai dernier, au tribunal compétent de Kasserine, à la suite des plaintes déposées par les familles des martyrs et des blessés de la révolution.
Le procès s’est ouvert en présence de nombreux membres des familles de martyrs et des blessés de la Révolution. Plusieurs associations de défense des droits de l’homme étaient également présentes.
Des dizaines d'avocats présents sur les lieux ont fait des déclarations au nom des familles des martyrs et des blessés dans l'affaire au cours de laquelle 25 accusés d’homicide volontaire seront inculpés.
A noter que l'ancien président tunisien Zine El Abidine Ben Ali (1987-2011) et l’ex-ministre de l'Intérieur Rafik Bel Haj Kassem ainsi que de hauts dirigeants sécuritaires sont également accusés dans ce procès.
Dans un entretien avec Anadolu, le frère du martyr Mohamed Nasri, a déclaré avoir pleinement confiance dans les tribunaux civils, qualifiant de farce les verdicts prononcés par la justice militaire. Il a considéré que la justice n’a pas été rendue aux familles qui ont perdu leurs enfants pour la liberté et la dignité.
Pour sa part, l'avocate Lamia Ferhani, a estimé que « ce procès a été ramené à la vie », relevant qu’il s’agit d’un nouvel examen pour la justice transitionnelle en Tunisie ».
Vingt martyrs et 1281 blessés sont tombés dans la province de Kasserine, lors des événements de la révolution, a rappelé l’avocate.