Nadia Chahed
11 Janvier 2017•Mise à jour: 11 Janvier 2017
AA/Bujumbura/jean Bosco
Des habitants de la commune de Rusaka, dans le Centre-est du Burundi, ont découvert un vaste charnier humain où serait enterrés près d'un millier de cadavres, a appris Anadolu, mercredi, auprès de sources locales concordantes.
"Cette découverte macabre a eu lieu, mardi, sur un chantier où on procède à la construction d'un centre de formation ", a indiqué à Anadolu, le gouverneur de la province de Mwaro dont relève Rusaka, Jean Marie Nyakarerwa.
Il a ajouté qu'il était encore difficile de cerner le nombre et l'identité des corps des personnes ensevelies dans cette fosse.
Selon des habitants de Rusaka, contactés par Anadolu, ce charnier daterait de 1972, année marquée par des conflits sanglants entre les hutus et les tutsis, les deux principales composantes ethniques du Burundi.
Près d'un millier de corps y seraient enterrés selon les mêmes sources.
Le président de la Commission Nationale Vérité et Réconciliations des Burundais (CVR), Jean-Louis Nahimana, a annoncé mercredi à la presse locale que des membres de cette instance se rendront, le jour même, sur le site où se trouve ce charnier pour collecter davantage d’informations.
En 1972 les violences inter-ethnique ont fait plus de 200 mille morts, essentiellement membres de la communauté ethnique majoritaire hutu.
La spirale de violence a atteint un autre pic de massacres en octobre 1993 après l’assassinat de Melchior Ndadaye, premier président hutu démocratiquement élu trois mois auparavant. Les massacres consécutifs à cet assassinat ont fait plus de 300 mille morts, essentiellement les membres de la communauté ethnique minoritaire tutsie.
En avril 2015, le Burundi a plongé dans une grave crise, émaillée de violences, depuis le dépôt de la candidature du président Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat qu'il a obtenu en juillet de la même année, en violation de la Constitution et de l'accord d'Arusha qui a mis fin à la guerre civile de 1993-2006, selon l'opposition, la société civile et une partie de son propre camp.
Ces violences ont fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 332000 personnes à fuir le pays, d'après un rapport de l’Office des Nations unies pour les réfugies (UNHCR) publié le 31 décembre 2016.