Mohammed Hamood Ali Al Ragawi
21 Février 2024•Mise à jour: 21 Février 2024
AA / Ankara / Ahmed Asmar
Le peuple palestinien subit "l'occupation la plus longue de l'histoire moderne", a déclaré l'Egypte devant la Cour internationale de justice (CIJ), mercredi.
Lors d'une audience portant sur la légalité de l'occupation israélienne des territoires palestiniens, la représentante légale égyptienne, Jasmine Moussa, a déclaré que les Palestiniens ont été confrontés à des déplacements forcés, à des punitions collectives et à des violences arbitraires de la part de l'occupant israélien. Et de s’interroger : "Combien de temps le peuple palestinien devra-t-il encore attendre avant de pouvoir exercer ses droits légitimes en vertu du droit international ?"
"Pendant combien de temps encore les Nations unies vont-elles gérer les conséquences des violations israéliennes sans s'attaquer à leurs causes profondes ?", a ajouté la représentante égyptienne, réitérant la demande du Caire pour "l'établissement d'un État palestinien viable sur les lignes d'avant 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale".
Israël veut "modifier de façon permanente la composition démographique du territoire palestinien occupé et étendre la souveraineté israélienne sur ce territoire", a déclaré Moussa lors de son intervention.
"À cela s'ajoutent les transferts massifs et les déplacements forcés des Palestiniens de Gaza par le biais d'ordres d'évacuation illégaux et d'un recours aveugle à la force", a-t-elle ajouté.
Les audiences publiques ont débuté à La Haye, lundi, à la suite de la demande d'avis consultatif de l'Assemblée générale des Nations unies sur les conséquences juridiques des politiques et pratiques d'Israël dans les territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est.
Fin décembre, l'Afrique du Sud a saisi la CIJ contre Israël, accusé de crime de génocide et lui a demandé de prendre des mesures d'urgence pour mettre fin à l'effusion de sang palestinien dans la Bande de Gaza, où près de 29 300 personnes ont été tuées depuis le 7 octobre.
En janvier, la Cour a ordonné à Israël de prendre "toutes les mesures en son pouvoir" pour empêcher les actes à caractère génocidaire à Gaza, mais n'a pas ordonné de cessez-le-feu.
La CIJ a également ordonné à Israël de prendre des mesures "immédiates et efficaces" pour permettre la fourniture des services de base et l'assistance humanitaire dont la Bande de Gaza a besoin de toute urgence.
Une attaque transfrontalière menée, le 7 octobre, par le mouvement de résistance palestinien Hamas, aurait fait 1 200 morts côté israélien, selon les autorités de Tel-Aviv. L'offensive israélienne qui s'en est suivie a poussé 85 % de la population de Gaza à se déplacer à l'intérieur du territoire, dans un contexte de graves pénuries de nourriture, d'eau potable et de médicaments, tandis que 60 % des infrastructures de l'enclave ont été endommagées ou détruites, selon les Nations unies.
Malgré les protestations internationales, Israël prévoit maintenant une invasion au sol à Rafah, qui abrite quelque 1,4 million de réfugiés.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj