AA/Desk/Esma Ben Said
Des dizaines de civils ont été massacrés ces dernières semaines dans le centre de la République Centrafricaine, a dénoncé, jeudi, l’ONG Amnesty International, qui appelle la force onusienne déployée en RCA, à mieux protéger la population, selon un communiqué dont Anadolu a reçu copie.
« La mission de maintien de la paix des Nations unies en République centrafricaine (Minusca) doit prendre des mesures courageuses afin de protéger les civils face aux attaques croissantes motivées par l'intolérance religieuse dans le centre du pays », indique le communiqué.
« Malgré le déploiement de la Minusca le 15 septembre, des dizaines de civils, dont plusieurs enfants, ont été tués et des milliers d'autres ont été déplacés ces dernières semaines », poursuit le texte.
« Si la capitale, Bangui, est secouée par de nouvelles violences depuis le début du mois d'octobre, les populations vivant dans les régions du centre de la RCA paient un tribut particulièrement lourd à l'intensification du conflit entre différents groupes armés » affirme encore Amnesty.
Face à ce regain de violences, l’ONG appelle la Minusca à « prendre des mesures plus fermes pour véritablement protéger les civils des nombreuses violations auxquelles ils sont exposés. »
Amnesty a également estimé que « compte tenu des attaques menées par la Séléka (milice à majorité musulmane), les forces anti-balaka (milice chrétienne) et des combattants peuls armés, la situation est extrêmement explosive et dangereuse ».
« Si les mesures qui s'imposent ne sont pas prises de toute urgence, elle pourrait basculer dans une violence sans limite motivée par l'intolérance religieuse, comme ce que nous avons vu cette année dans l'ouest », avertit l’ONG.
Selon Amnesty, les exemples d'attaques à l'encontre des civils sont nombreuses. Ainsi, «Le 10 octobre, une attaque lancée par la Séléka dans la ville de Dekoa - à 260 kms de Bangui - et aux alentours, a causé la mort de 14 civils.»
« Cinq autres victimes ont été tuées plus tard ce même jour par des membres de la Séléka qui s'enfuyaient dans la brousse. Deux autres civils pris en otage par des combattants de la Séléka disant vouloir les utiliser comme « guides » n'ont pas reparu depuis lors », informe encore le communiqué.
« Ces récentes violences ont déclenché une nouvelle vague de déplacements dans la zone. Des milliers de personnes ont ainsi fui, et beaucoup se sont réfugiées, à l'extrémité ouest de Bambari (Nord-Est)»nconclu le document.
La reprise des violences a mis fin à quelques mois de stabilité relative en RCA, durant lesquels un cessez-le-feu avait été signé entre les milices belligérantes anti-Balaka et Seleka.