AA/ Bangui/ Constantin Ngoutendji/ Sylvestre Krock
Un violent accrochage a opposé, mercredi en début d’après midi, un groupe d’anti-Balaka aux forces internationales en Centrafrique (MINUSCA) dans le 8e arrondissement de Bangui, quelques heures après une attaque de la milice ayant fait au moins 4 morts.
Une opération de désarmement d'un chef anti-Balaka a été à l'origine de l'affontement de mercredi, selon des témoignages recueillis par Anadolu. Des tirs à l’arme lourde et légère ont obligé une partie de la population à fuir le secteur. Les activités qui tentaient, ce matin, de reprendre sont de nouveau paralysées. Aucune réaction n'a été enregistrée jusqu'à 15h20 GMT de la MINUSCA, ni des anti-Balaka sur cet affrontement dont le bilan est encore inconnu.
Cette attaque est survenue quelques heures après qu'une bande armée, assimilée à des anti-Balaka, a attaqué, dans la nuit de mardi à mercredi, à l’aide de grenades et d’armes automatiques, le quartier d'Ouango, dans le Sud-Est de Bangui. Un bilan provisoire annoncé par une autorité locale a fait état de quatre morts, alors que d'autres témoignages ont évoqué une dizaine de morts, plusieurs blessés et plus d’une vingtaine de maisons incendiées.
Contactés par Anadolu, des éléments anti-Balaka ont dit se défendre "contre un groupe de jeunes et des éléments des FACA [Forces Armées Centrafricaines, ndlr] instrumentalisés par le pouvoir en place pour contrecarrer" leurs actions sur le terrain dans ce quartier.
D’après de nombreux habitants de Ouango, joints ce matin par Anadolu, la cohabitation est difficile entre la population et les anti-Balaka qui se prêteraient régulièrement à des pillages, des braquages et nombre d'exactions. Devant le refus de la population d’observer leur mot d’ordre "ville morte" et le concert de casseroles, les membres de la milice "ont perdu leur sang froid" d’après des témoignages.
« Nous n’arrivons plus à supporter les braquages, les vols, les menaces de mort, les extorsions des anti-Balaka qui nous accusent de ne pas vouloir obtempérer à leur mot d’ordre de ville morte pour acculer la présidente de transition [Catherine Samba-Panza, ndlr] à la démission » a déclaré à Anadolu, Prosper Ndengou, un habitant de Ouango rencontré au quartier de Magombassa, également dans le 7e arrondissement.
La colère a fini par s’exploser, mardi soir, lorsqu’un anti-Balaka, présumé auteur d’un braquage, est lynché par une foule en colère. La réaction des Anti-Balaka a été "violente, disproportionnée", selon le même témoignage.
«Finalement, mardi aux environs de 16 heures, les choses ont dégénéré. Les anti-Balaka se sont mis à tirer dans tous les sens arguant de repousser cette attaque", faisant au moins 4 morts, conclut Ndengou.
Le 7 octobre dernier, la mort d'un jeune musulman, brûlé vif, a déclenché un nouveau cycle de violences à Bangui. Le 9 octobre, des sources humanitaires faisaient état de huit morts et d'une vingtaine de blessés dans des violences intercommunautaires.
Vendredi soir, l’aéroport de Bangui M’Poko a été fermé après que la piste d’atterrissage a été envahie par une population réclamant le départ de la présidente centrafricaine Catherine Samba-Panza.
Des actes de violences s'en sont suivis entre la MINUSCA (Mission intégrée des Nations Unies pour les stabilisation en Centrafrique) et des miliciens anti-Balaka, occasionnant, des morts et des blessés.