AA/Bhopal (Inde)/ Shuriah Niazi
La question de la « défécation en plein air », contrainte par un manque de toilettes dans les habitations de nombreux citoyens, est revenue sur le devant de la scène, en Inde, suite aux récents cas de viol et meurtres, à Badaun, de deux adolescentes forcée à quitter leurs maisons pour pouvoir se soulager.
Plus de 620 millions de personnes, près de la moitié de la population de l’Inde, sont forcées de se soulager dans des espaces à ciel ouvert, d’après un recensement de 2011. Dans des Etats tels que le Jharkhand et le Madhya Pradesh, plus de 80% de la population rurale se retrouve à devoir déféquer à l’extérieur, souvent dans des champs. Les femmes sont les plus affectées par ce phénomène endémique, compte tenu des hauts risques de harcèlement et d’agressions sexuelles.
Au moins une dizaine des cas de viol signalé au Madhya Pradesh, cette année, impliquent des victimes attaquées alors qu’elles s’étaient rendues à l’extérieur pour pouvoir se soulager.
Archana Sahay travaille pour une ONG, Aarambh, qui collabore avec l’association caritative, basé au en Grande-Bretagne, WaterAid, à la construction de toilettes dans des bidonvilles de la capitale du Madhya Pradesh, Bhopal.
« Nous recevons les plaintes de nombreuses jeunes filles qui se retrouvent à devoir faire face à différents types de harcèlement lorsqu’elles vont dans les champs. Elles sont très fréquemment victimes de tentatives de viol » déplore Sahay.
« Après la constructions de toilettes, le harcèlement des jeunes filles a été considérablement réduit. Cela démontre, dans une certaine mesure, que la défécation à l’air libre est associée à des cas de viols en Inde » a affirmé l’activiste indienne.
D’après un rapport fourni par la police, l’Etat du Madhya Pradesh a enregistré 1106 cas de viols entre le 1er janvier 2014 et le 30 mars 2014 – soit une moyenne d’un viol toutes les deux heures.