AA/ Goundam/ Mohamed Ag ahmedou
Deux corps de civils ont été découverts à proximité de la ville de Menaka, dans le nord-est du Mali, a appris Anadolu, dimanche, de sources locales.
Les deux morts, Malick Ag Inadar et Anara Ag Ifastane, respectivement âgés de 55 et 14 ans, étaient des bergers enlevés, vendredi, à Indawatane (localité proche de Menaka), a déclaré à Anadolu, Fahad Ag Almahmoud, secrétaire général du Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés, GATIA, de la plateforme des milices pro-Bamako.
Selon un communiqué de presse dont Anadolu a eu copie dimanche, publié par cette plateforme pro-gouvernementale, les deux civils ont été assassinés par des individus proches de la Coordination des Mouvements de l'Azawad, plateforme des Touaregs opposés à Bamako sur la question du statut du Nord du pays, appelé Azawad.
La plateforme promalienne a condamné ces assassinats et appelé la communauté internationale ainsi que la Mission onusienne au Mali, la Minusma, à "ouvrir une enquête pour traduire les coupables de ces crimes devant la justice", selon la même source.
Pour le Mouvement National de Libération de l'Azawad, MNLA, une des principales composantes de la CMA, il ne s'agit que de purs "mensonges".
"Ceci est une propagande des milices d’auto-défense maliennes. Je rejette catégoriquement cette accusation selon laquelle la CMA est impliquée dans l'assassinat de ces civils. Nous n'avons rien a voir avec cela" a déclaré à Anadolu, Moussa Ag Acharatmane, chargé de communication du MNLA.
En début du mois, un grand commerçant et transporteur de Menaka d'une communauté touaregue, "Dousahac", avait été "assassiné par des éléments proches des milices pro-Bamako", selon un communiqué de la CMA, publié le 3 Juin, alors que le Gatia s'en est défendu.
Ces assassinats interviennent à l'heure où la zone de Ménaka, point militaire stratégique, connaît des affrontements entre groupes armés loyalistes et autonomistes, après le refus opposé par les milices pro-Bamako de libérer la ville conformément aux stipulations d'un accord qui prévoit le retrait de tous les groupes belligérants de Ménaka et sa mise à la disposition de la force onusienne.
Les mouvements pro-Bamako, créés après la défaite de l'armée malienne face aux groupes armés autonomistes du Nord lors de la troisième bataille de Kidal, en mai 2014, avaient refusé de signer cet accord pourtant approuvé par la CMA, qui signera également, le 20 juin, l'accord d'Alger, censé mettre fin au conflit que connaît le Mali depuis des années sur le statut de la région de l'Azawad.