AA/ Ouagadougou/ Lougri Dimtalba
Avec la signature, dimanche soir, de la charte de la transition, les manifestants du 30 octobre qui ont poussé Blaise Compaoré à la démission, voient dans le lieutenant-colonel Zida un véritable "héros".
« Zida est un digne fils du pays. Il a tenu parole (…) nous sommes fiers de lui » a scandé parmi la foule venue assister à la signature de la constitution intérimaire, Adama Yaméogo, jeune étudiant, alors que les officiels se retiraient de la salle de spectacle de la Maison du Peuple, après l'adoption du document.
Lors de la cérémonie de signature de la charte, le lieutenant-colonel Isaac Yacouba Zida qui dirige le pays depuis la chute de Blaise Compaoré a bénéficié d'un accueil chaleureux. Avant qu’il ne paraphe le document au nom des les forces armées et de défense, la salle s’est mise debout pour l’acclamer.
La même ambiance était palpable au moment de la livraison du discours de Zida.
« Il a parlé comme Thomas Sankara (père de la révolution de 1987 et idole de plusieurs jeunes)… il n’a pas trahi son peuple » a déclaré à Anadolu, David Ouédraogo, 32 ans qui dit avoir combattu le régime Compaoré, « corps et âme ».
« Nous sommes très content de voir qu’après la signature déjà, on nous annonce qu'avant minuit on verra le nom de la personne qui va diriger le pays » s’est réjoui, pour sa part, l’ambassadeur des Etats-Unis au Burkina, Tulinabo Mushingi, dans une déclaration à Anadolu.
Zida a pris le pouvoir après la chute de Blaise Compaoré, le 31 octobre dernier. La communauté internationale et l’Union africaine lui avaient lancé un ultimatum de deux semaines, devant expirer le 17 novembre, pour remettre le pouvoir aux civils.
« Nous avons pris le temps de bien faire les choses » a déclaré Zida lors de son allocution, en saluant la contribution de la communauté internationale qu’il a exhorté à continuer d’accompagner le pays pour une sortie de crise définitive.