AA/Khartoum (Soudan)/ Nabil Selim
Les autorités soudanaises ont ànouveau arrêté mardi à l’aéroport de Khartoum, la Soudanaise chrétienne dont la peine de mort pour « apostasie » avait été annulée, la veille.
Mariam Yehia Ibrahim, soudanaise de confession chrétienne, et médecin de profession, a été arrêtée à l’Aéroport international de Khartoum en compagnie de sa famille.
« Mariam Yehia Ibrahim, son époux et ses deux fils ont été arrêtés à l’aéroport alors qu’ils essayaient de se rendre aux Etats-Unis » a déclaré, à l’Agence Anadolu (AA), une source proche de l’époux de Mariam.
Les autorités soudanaises n’ont émis aucun commentaire.
Le 15 mai, Mariam Yehia Ibrahim avait été condamnée à mort – et à 100 coups de fouet – après avoir été reconnue coupable d’« apostasie » et d’« adultère » pour avoir épousé un Sud-soudanais de confession chrétienne.
La famille de son père avait signalé le mariage aux autorités, déclarant qu’« une musulmane », ne devrait pas être autorisée à épouser un chrétien.
Elevée par une mère chrétienne et se revendiquant de cette religion, Mariam Ibrahim avait refusé de renier ses croyances et épousé Daniel Wani, un citoyen américain d’origine sud- soudanaise, lui-même de confession chrétienne.
Un tribunal soudanais l’avait alors condamnée à la peine capitale, par pendaison, en se fondant sur les articles 126 et 146 du code pénal soudanais.
Incarcérée avec son fils de 20 mois, Mariam avait par la suite, donné naissance à une petite fille en prison.
L’histoire de la jeune femme soudanaise avait provoqué l’indignation de la communauté internationale. Les États-Unis ont appelé Khartoum à respecter la liberté religieuse, figurant par ailleurs dans la Constitution soudanaise. L'ex-secrétaire d'État américain, Hillary Clinton, et l'ancien premier ministre britannique Tony Blair avaient personnellement plaidé sa cause.
Amnistie internationale avait déclaré avoir recueilli plus d'un million de signatures réclamant sa remise en liberté.
Grâce au soutien international, Mariam s’était vue accorder une libération et l’annulation de sa condamnation.