Serap Dogansoy
08 Octobre 2026•Mise à jour: 08 Octobre 2026
Le contrôle d’une pancarte revendicative par un policier à la sortie d’une station de la ligne 9 du métro parisien, suivi d’un contrôle d’identité de l’homme qui filme l’intervention, pose la question du respect de la liberté d’expression dans le cadre de la mobilisation lycéenne.
Dans la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, telle que décrite, un policier tient la pancarte d’une jeune manifestante et en examine le contenu. À la fin de la séquence, il ne la lui a pas rendue. Les images ne permettent pas de déterminer si elle lui a été restituée ensuite.
L’homme qui enregistre la scène est à son tour invité à se mettre à l’écart pour un contrôle d’identité. L’intervention concerne ainsi également une personne occupée à filmer, au-delà des jeunes munis de pancartes.
« On va faire un contrôle, vous allez vous mettre là-bas », lui dit un policier. Lorsque l’homme demande de quel contrôle il s’agit, l’agent répond : « Un contrôle d’identité ».
Interrogé sur la raison, le policier invoque le procureur de la République et affirme : « Nous pouvons contrôler qui nous voulons par prévention ».
Les échanges retranscrits ne précisent pas le motif de l’examen de la pancarte. Ils ne permettent pas non plus d’établir si le fait de filmer a motivé le contrôle de l’homme.
La pancarte constitue un moyen d’afficher les revendications des jeunes mobilisés. Sa conservation par le policier pendant la séquence soulève donc la question de la possibilité, pour la manifestante, de continuer à exprimer son message.
Les contrôles d’identité sont encadrés par la loi. Sur réquisitions du procureur, ils peuvent notamment être organisés pour rechercher certaines infractions, dans des lieux et pendant une période déterminés. Les contrôles préventifs nécessitent, quant à eux, un risque sérieux et actuel pour la sécurité des personnes ou des biens, rappelle Service Public.
Le Défenseur des droits rappelle également qu’il est permis de filmer un contrôle d’identité.
Le fondement précis des contrôles décrits et le devenir de la pancarte après la séquence restent à établir. Ces éléments ne permettent pas, à eux seuls, de conclure à une confiscation définitive ou à une interdiction d’exprimer les revendications.
La scène s’inscrit dans un mouvement lycéen et étudiant portant notamment sur la suppression de Parcoursup, la modification des rythmes scolaires et universitaires, les recrutements dans l’Éducation nationale, la rénovation des établissements et les repas à un euro pour tous les étudiants.