Serap Dogansoy
13 Août 2026•Mise à jour: 13 Août 2026
Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, a affirmé jeudi à Alès que l’enquête sur les menaces de mort visant le maire de la ville, Christophe Rivenq, « progresse », estimant qu’elles pourraient prendre fin « dans les prochaines semaines ».
« L’enquête progresse grâce aux policiers de la police judiciaire », a déclaré le garde des Sceaux, sans fournir davantage de précisions sur les investigations en cours.
« On peut penser que, dans les prochaines semaines, nous pourrons mettre fin aux menaces qui pèsent sur le maire d’Alès », a-t-il ajouté, rappelant qu’il appartenait au Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) de communiquer sur cette affaire.
Gérald Darmanin s’est rendu jeudi dans cette commune du Gard afin d’apporter son soutien personnel et politique à Christophe Rivenq, placé sous protection policière après avoir été visé par plusieurs menaces.
Le ministre a salué « un maire courageux » et souligné les mesures prises par la municipalité contre le narcotrafic, notamment le déploiement de caméras de vidéosurveillance et le renforcement de la police municipale.
« Quand on soutient ses habitants contre le trafic, on peut parfois être menacé, mais jamais à ce point », a-t-il déclaré, assurant que l’élu se trouvait désormais « sous la protection de la République ».
Le garde des Sceaux a remercié la procureure nationale anticriminalité organisée, Vanessa Perrée, le préfet du Gard, Jérôme Bonet, ainsi que les policiers et les magistrats mobilisés pour identifier, interpeller et traduire en justice les auteurs des menaces.
Le Pnaco s’est saisi le 21 juillet de l’ensemble des faits visant Christophe Rivenq, en lien avec la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille. Les investigations ont notamment été confiées à la Direction nationale de la police judiciaire et à l’Office central de lutte contre le crime organisé.
Des menaces accompagnées de deux munitions
Le 16 juillet, deux munitions de calibre 9 mm ainsi que des inscriptions menaçantes faisant référence à la « DZ Mafia nouvelle génération » avaient été découvertes au domicile de Christophe Rivenq.
De nouvelles menaces avaient conduit à la mise à l’abri en urgence de l’élu dans la nuit du 20 au 21 juillet. Des individus cagoulés, affirmant appartenir à la DZ Mafia, avaient ensuite diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo non authentifiée dans laquelle ils niaient toute implication.
À ce stade, l’origine exacte des menaces n’a pas été officiellement établie.
Gérald Darmanin a estimé que ces intimidations démontraient que l’action conjointe de la municipalité, de la police et de la justice contre les trafics de drogue « gêne » les réseaux criminels.
Le ministre a également salué le soutien apporté à l’élu par son homologue de l’Intérieur, Laurent Nuñez.
Le garde des Sceaux a toutefois souligné les « très bons chiffres de la délinquance » à Alès et la mobilisation des autorités locales pour empêcher l’implantation de réseaux de trafic présents dans plusieurs départements du sud de la France, notamment dans le Gard et le Vaucluse.
« Je suis là, je suis debout »
Christophe Rivenq a, de son côté, remercié Gérald Darmanin et les responsables de l’État pour leur soutien et leur « réactivité ».
« Je suis là, je suis debout, je suis présent, je travaille et je continue à m’occuper de cette ville », a déclaré le maire, assurant que ces menaces ne modifieraient pas son action.
« On continuera d’être présents pour la sécurité », a-t-il ajouté, rappelant le rôle des élus locaux dans la proximité et la qualité de vie des habitants.
Après son entretien avec le maire, Gérald Darmanin devait rencontrer les agents du Service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip) d’Alès.