Mona Saanouni
28 Mars 2019•Mise à jour: 28 Mars 2019
AA/Genève/Bayram Altuğ
La Rapporteuse spéciale sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires du Haut Commissariat des Nations Unies (ONU) aux droits de l'Homme, Agnes Callamard, a appelé, jeudi, à un procès public des assassins du journaliste saoudien, Jamal Khashoggi.
C'est ce qui ressort d'un communiqué de Callamard qui mène une enquête internationale sur l'Affaire Khashoggi, assassiné au consulat de son pays à Istanbul en octobre 2018.
Callamard a indiqué qu'un "procès à huis clos" des personnes impliquées dans le meurtre de Khashoggi "est contraire aux normes internationales".
La rapporteuse de l'ONU a condamné l'Arabie Saoudite au sujet de l'affaire Khashoggi et a remis en question la transparence de l'enquête et des procédures judiciaires appliquées.
"Les autorités saoudiennes ont tellement tort, si elles pensaient que le procès, en cours, satisfaisait la communauté internationale concernant sa conformité aux normes internationales", a-t-elle déclaré.
Elle a souligné que Riyad a arrêté 21 personnes liées à cette affaire, dont 11 sont actuellement jugées. Elle en a réclamé la peine capitale contre 5 d'entre eux.
Elle a noté que "cette affaire ne s'inscrit pas dans les affaires internes", précisant qu'elle concernait "le meurtre d'une personne au consulat dans un pays étranger".
Callamard a, par ailleurs, indiqué que les procédures en cours ne préservent pas les droits de la famille Khashoggi.
La rapporteuse onusienne a ajouté que "les autorités saoudiennes n'avaient pas encore annoncé à l'opinion publique l'identité des accusés, leur rôle au sein du gouvernement, les détails des accusations portées contre eux, et leur procès se déroule à huis clos".
Elle a exhorté Riyad à s'acquitter de ses obligations internationales en ce qui concerne le meurtre de Khashoggi et à dévoiler l'identité des personnes jugées et les détails des accusations portées contre elles.
Callamard a également appelé Riyad à informer l'opinion publique de l'intégralité du procès, des éléments de preuve contre les accusés, et à l'invitation d'experts internationaux indépendants pour suivre les audiences. En outre, elle a appelé à la révélation de l'endroit où se trouve le cadavre de Khashoggi et de communiquer sur le sort des personnes arrêtées au début de l'enquête puis relâchées.
Après 18 jours de déni et d'interprétations contradictoires, Riyad a annoncé l'assassinat de Khashoggi à l'intérieur du consulat saoudien à Istanbul, à la suite d'une "querelle" avec des Saoudiens, et a arrêté 18 personnes, sans en révéler les auteurs du crime ni l'endroit du corps.