Mourad Belhaj
22 Octobre 2019•Mise à jour: 23 Octobre 2019
AA / Addis-Abeba / Ibrahim Saleh
Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a souligné, mardi, qu'aucune force ne pourrait empêcher l'Ethiopie de construire le barrage de la Renaissance, évoquant l'arrêt des négociations sur le projet.
C’est ce qui ressort de la réponse d’Abiy Ahmed aux questions des députés éthiopiens, lors d’une session ordinaire du parlement, selon la radio locale « Fana ».
« Il n'y a pas d'autres options. La guerre ne peut être une solution. Mais si nécessaire, l'Ethiopie peut mobiliser un million de personnes », a déclaré Abiy Ahmed.
Et d’ajouter : « Aucune force ne peut empêcher l'Ethiopie de construire le barrage », soulignant que son pays « continuera à le faire malgré les craintes infondées et les menaces militaires de nos frères égyptiens ».
« Il n'y a aucune intention de la part du gouvernement éthiopien de nuire aux peuples et aux gouvernements soudanais et égyptien » a souligné le premier ministre éthiopien, appelant à la nécessité de « se concentrer sur la finalisation du barrage conformément au calendrier ».
Selon Abiy Ahmed, « il n'y a pas d'agenda spécial entre l'Éthiopie et l'Égypte concernant le barrage de la Renaissance », précisant qu'il devrait rencontrer le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, dans les deux prochains jours, pour discuter de la question.
« Le peuple et le gouvernement égyptiens en bénéficieront s'ils soutiennent directement la stratégie de développement vert de l'Éthiopie », a-t-il déclaré.
En ce qui concerne la politique étrangère de l'Éthiopie, le Premier ministre a déclaré que ses relations avec les pays voisins étaient prioritaires, selon la même source.
Le Président égyptien avait annoncé, lundi, que son pays déployait des efforts déterminés et équilibrés pour débloquer les négociations sur le barrage de la Renaissance.
Le Caire appelle à ce qu'un médiateur international soit désigné, après que les négociations sur le barrage aient atteint une « impasse », ce que rejette Addis-Abeba.
Le ministère éthiopien de l'Eau, de l'irrigation et de l'énergie avait récemment déclaré dans un communiqué, que « la nouvelle proposition de l'Égypte sur le barrage de la Renaissance est devenue un sujet de désaccord entre les deux pays », selon l'agence de presse officielle éthiopienne.
L'Égypte a, selon le communiqué, proposé de « libérer 40 milliards de mètres cubes d'eau chaque année et de libérer plus d'eau lorsque la hauteur du Haut barrage d'Assouan (sud de l'Égypte) arrive à environ 165 mètres au-dessus du niveau de la mer. Elle a invité une quatrième partie à prendre part aux discussions entre les trois pays (Éthiopie, Égypte et Soudan) ».
L'Éthiopie n'a, pour sa part, pas révélé la quantité d'eau qu'elle souhaitait stocker ou libérer chaque année du barrage, mais le Caire ne l'a certainement pas accepté.
Le Caire craint un éventuel impact négatif du barrage sur le flux de sa part annuelle des eaux du Nil, qui s'élève à 55 milliards de mètres cubes, alors que le Soudan en reçoit 18,5 milliards.
Addis-Abeba a déclaré que son objectif n'était pas de nuire aux intérêts de l'Égypte, mais que le barrage avait pour principal objectif de générer de l'électricité.