Wejden Jlassi
04 Octobre 2021•Mise à jour: 05 Octobre 2021
AA / Tunis
-Tunisie : Arrestation du député Abdellatif Aloui (AA)
Le député tunisien Abdellatif Alaoui a annoncé dimanche son arrestation par les forces sécuritaires.
Aloui, député d’Al-Karama (18 sièges sur 217), a affirmé que des unités de la police judiciaire d’El Gorjani avaient effectué une descente chez lui pour l’arrêter.
De son côté, l'avocat Samir Ben Amor a indiqué que les arrestations d'Amer Ayad (animateur à la chaîne de télévision Al-Zaytouna -privée-) et du député Abdellatif Aloui, ont été ordonnées par la justice militaire, et ce, dans le contexte du dernier épisode d’un programme télévisé diffusé sur la chaîne précitée. Une accusation de complot contre la sûreté de l’Etat pèse sur les deux inculpés.
-Tunisie : manifestations de soutien au président Saïed dans la capitale et plusieurs villes (AA)
Des Tunisiens se sont rassemblés en grand nombre, dimanche 3 octobre, devant le Théâtre municipal de l’avenue Habib Bourguiba, dans la capitale tunisienne, et dans d'autres villes de la Tunisie, pour exprimer leur soutien au président de la République tunisienne, Kaïs Saïed.
Les « pro-Saïed » ont afflué vers l’avenue Habib Bourguiba depuis les premières heures de la matinée, avant de s’organiser, à partir de 10h, en sit-in devant le Théâtre municipal, en signe de soutien au Président Saïed.
Les manifestants, munis de drapeaux tunisiens, ont scandé des slogans hostiles au mouvement Ennahdha et à son chef historique et actuel président du Parlement tunisien gelé, Rached Ghannouchi. Ils ont appelé à « l’application de la loi » et à « la dissolution du Parlement ».
« Ghannouchi dégage ! », ont crié les pro-Saïed, brandissant des pancartes et des drapeaux de la Tunisie, en signe de soutien au Président.
-Tunisie / Mouvement Ennahdha : "L'arrestation d'Aloui vise à empêcher la réunion du bureau de l’ARP" (AA)
Le Mouvement tunisien "Ennahdha" a estimé que l'arrestation du député Abdellatif Aloui, dimanche, vise à empêcher le quorum pour la réunion du bureau du Parlement, dont les travaux ont été suspendus depuis le 25 juillet dernier.
Ennahdha, qui a le plus grand bloc parlementaire avec 53 députés, a déclaré qu'une unité de sécurité a perquisitionné les domiciles du député Abdellatif Aloui et du journaliste Ameur Ayed, avant de les arrêter et intimider leurs familles. Les deux ont été mis en détention, en attendant les conclusions d'une enquête militaire.
Le Mouvement Ennahdha a exprimé son refus quant à la comparution de civils devant les tribunaux militaires, considérant que ceci portait atteinte au droit à un procès équitable et aux garanties constitutionnelles.
Et de souligner "la nécessité de respecter l'indépendance de la justice", tout en mettant garde contre "toute tentative de contourner cet acquis démocratique en présentant les détenus à la justice militaire, qui constitue une violation manifeste de la loi et confirme que les opposants et concurrents sont ciblés et persécutés, chose qui rappelle aux Tunisiens l’ère de la dictature, de l’injustice et du retrait de tous les acquis politiques et des droits".
-Tunisie : Le parti Harak al-Irada dénonce l'arrestation d'un député et d'un journaliste (AA)
Le parti tunisien Harak al-Irada a dénoncé, dimanche, l'arrestation par les services de sécurité du parlementaire Abdellatif Aloui et du journaliste Ameur Ayad, "sur fond de libre expression de leurs opinions", considérant leur arrestation comme une "grave violation de la loi".
Le parti (fondé par l'ancien président tunisien Moncef Marzouki, sans représentation parlementaire) a condamné l'arrestation du journaliste, Ameur Ayed, et du député Abdellatif Aloui.
Harak al-Irada a également condamné ce qu'il considérait comme "les pratiques arbitraires et oppressives des libertés que les Tunisiens ont acquis de haute lutte, après avoir payé un lourd tribut du sang de leurs martyrs, pour une vie libre et digne", accusant le président Kais Saïed d'être "responsable de tous les abus".