Meher Hajbi
19 Juin 2020•Mise à jour: 19 Juin 2020
AA - Ramallah
L'armée d’occupation israélienne a réprimé, vendredi, des manifestants palestiniens lors d’une marche contre “le plan d'annexion” en Cisjordanie occupée.
La marche a été organisée dans les villes de Ramallah et d'Al-Bireh al-Shamali et l’intervention musclée des forces d’occupation s’est transformée en affrontements entre soldats et manifestants.
Des témoins oculaires ont affirmé à Anadolu Agency que les soldats israéliens ont eu recours à des balles métalliques recouvertes de caoutchouc et des bombes lacrymogènes pour réprimer la marche et disperser les manifestants.
Des dizaines de manifestants ont été victimes d’asphyxie après avoir inhalé le gaz lacrymogène, selon la même source.
En effet, cette marche a été tenue suite à l’appel à manifester lancé, jeudi, par le Front démocratique pour la libération de la Palestine dans le but de condamner le plan d'annexion et de commémorer la mort de 3 dirigeants du Front.
Si ce plan est mis en exécution, Israël annexera plus 30% de la Cisjordanie occupée. Une démarche que rejette plusieurs pays et organisations internationales.
Lors d'une session de l'Assemblée générale du Parlement européen, le haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité au sein de l'Union européenne, Josep Borrell, a mis en garde Israël contre la mise en œuvre du “plan d'annexion” en Cisjordanie occupée.
Pour Borrell, “la position sur les plans d'annexion israéliens est claire et basée sur le soutien à la solution à deux Etats et ce projet israélien constitue une violation du droit international”.
“La mise en œuvre par Israël de plans d'annexion nuirait à la solution à deux États et à la stabilité régionale et aux relations israélo-arabes. Nos relations étroites avec Israël seront également affectées si les terres palestiniennes sont occupées”, a prévenu Borrell.
Encouragé par le prétendu "accord du siècle" du président américain, Donald Trump, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a annoncé, le mois dernier, que son gouvernement annexerait officiellement la vallée du Jourdain et toutes les colonies israéliennes de Cisjordanie.
La Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, est considérée comme un territoire occupé en vertu du droit international, rendant ainsi illégales toutes les colonies israéliennes qui y sont implantées - ainsi que l'annexion envisagée.
Les responsables palestiniens ont menacé d'annuler les accords bilatéraux au cas où Israël mettrait en œuvre son projet d’annexion, ce qui compromettrait davantage la solution à deux États.
*Traduit de l'arabe par Meher Hajbi