L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a appelé, ce lundi 24 août, les gouvernements, les institutions financières internationales et ses partenaires à accroître les investissements dans la restauration des terres et la résilience face aux sécheresses, estimant que ces mesures peuvent contribuer à réduire les risques de déplacement de populations, dans un communiqué publié sur son site officiel.
L’appel intervient dans le cadre de la 17e session de la Conférence des parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD COP17), organisée sous le thème « Restoring Land. Restoring Hope » (« Restaurer les terres. Restaurer l’espoir »).
L’OIM copréside notamment la Journée thématique sur le financement, qui comprend un dialogue ministériel de haut niveau consacré aux liens entre terres, migrations et sécurité.
Un coût économique et humain important
L’OIM estime que jusqu’à 40 % des terres de la planète sont dégradées, affectant environ la moitié de l’humanité. Près de 3,2 milliards de personnes, soit environ deux cinquièmes de la population mondiale, vivent actuellement dans des zones touchées par la dégradation des terres.
Selon l’organisation, la dégradation des terres peut réduire l’accès des populations à l’alimentation, à l’eau, aux terres productives et aux moyens de subsistance, fragilisant ainsi leur capacité à rester dans leurs communautés.
L’OIM souligne également que les catastrophes liées aux conditions météorologiques ont provoqué environ 200 millions de déplacements internes au cours de la dernière décennie.
L’organisation estime par ailleurs que la dégradation des terres représente un coût économique considérable. « Avec 878 milliards de dollars perdus chaque année à cause des terres dégradées, les coûts pour les économies et les communautés sont déjà énormes », a déclaré Ugochi Daniels, directrice générale adjointe de l’OIM.
L’OIM plaide pour des investissements en amont
Selon Ugochi Daniels, les financements sont encore davantage consacrés aux conséquences des déplacements qu’à la prévention de leurs risques.
« Nous sommes encore bien meilleurs pour financer les conséquences des déplacements que pour investir suffisamment tôt afin d’en réduire les risques », a-t-elle déclaré.
La responsable de l’OIM a estimé que lorsque les terres ne permettent plus aux populations de subvenir à leurs besoins, celles-ci perdent progressivement leur capacité à choisir de rester, de se déplacer en sécurité ou de revenir dans leur communauté.
L’organisation défend ainsi une approche combinant restauration des terres, adaptation, résilience, protection des moyens de subsistance et gestion de la mobilité humaine.
Des programmes déjà engagés
L’OIM indique que ces priorités sont déjà intégrées dans plusieurs de ses programmes présentés lors de la COP17.
L’organisation soutient notamment la Peace Forest Initiative pour la Corne de l’Afrique, un programme estimé à 30 millions de dollars, destiné à restaurer les terres dégradées et à renforcer la résilience des communautés confrontées aux pressions climatiques. Le programme intègre également les questions liées à la mobilité humaine dans les zones frontalières fragiles.
L’OIM souligne par ailleurs la nécessité de mieux relier les données, les politiques publiques, les solutions locales et les investissements. L’objectif est notamment d’identifier les territoires où la sécheresse, la désertification et la dégradation des terres risquent le plus de fragiliser les moyens de subsistance et de favoriser la mobilité humaine.
Les jeunes et les communautés au cœur des solutions
L’organisation insiste également sur la participation des femmes, des jeunes, des migrants et des populations déplacées aux politiques de résilience.
À l’occasion de la COP17, l’OIM soutient notamment la participation de jeunes délégués du UNCCD Youth Caucus aux discussions consacrées aux terres, au climat et à la mobilité humaine.
« Nous voulons passer de la politique à l’action, de l’action aux programmes, et des programmes aux communautés qui en ont besoin », a déclaré l’un des jeunes délégués, cité par l’OIM.
Une feuille de route 2026-2030 en préparation
Au-delà de la COP17, l’OIM et la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) travaillent à une nouvelle feuille de route commune pour l’action 2026-2030 dans le cadre du renouvellement de leur partenariat.
Cette feuille de route doit préciser la manière dont les deux organisations entendent coopérer sur la dégradation des terres, la sécheresse et la mobilité humaine, avec l’objectif de traduire les engagements internationaux en actions concrètes aux niveaux national et local.
L’OIM a réaffirmé sa volonté de travailler avec les États membres, les institutions financières internationales, le secteur privé et la société civile afin de mobiliser de nouvelles sources d’investissement et de transformer les engagements en matière de restauration des terres en solutions concrètes et reproductibles.