Nadia Chahed
03 Juillet 2020•Mise à jour: 06 Juillet 2020
AA/Tunis
La pandémie de Covid-19 risque d’aggraver le sort de populations souffrant de faim en Afrique de l’Ouest et du Centre. Une situation déjà en forte augmentation en 2019, et qui pourraient doubler en 2020 à cause du nouveau coronavirus, a alerté vendredi le Programme alimentaire mondial (PAM).
Le PAM estime que le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire dans la région pourrait atteindre 57,6 millions d’ici la fin de l’année - contre 36 millions avant le début de la pandémie de Covid-19, rapporte l'ONU sur son site.
« Les défis socio-économiques résultant des mesures instituées pour contenir la propagation de Covid-19 ont un impact important sur la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest et du Centre », a déclaré Elisabeth Byrs, porte-parole du PAM lors d’un point de presse virtuel depuis Genève.
La pandémie de Covid-19 frappe la région en pleine période de soudure, « lorsque la faim et la malnutrition empire ». Même bien avant la pandémie, l’agence onusienne estimait que 21,1 millions de personnes avaient du mal à satisfaire leurs besoins alimentaires pendant cette période allant de juin à août, précise l'ONU.
Le PAM et l’UNICEF estiment que plus de 11 millions d’enfants souffriront de malnutrition aiguë en Afrique de l’Ouest et centrale en 2020 en raison de l’impact du coronavirus, soit une augmentation de 18 % par rapport aux niveaux antérieurs à la pandémie, note l'ONU.
Avant l’arrivée de la Covid-19, le PAM prévoyait que 4,5 millions d’enfants souffriraient de malnutrition aiguë en 2020 dans six pays sahéliens : le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad. Aujourd’hui, avec l’insécurité croissante et la pandémie qui touche la région, ce nombre est passé à près de 5,4 millions d’enfants, selon l’UNICEF et le PAM.
La fermeture des frontières et la suspension des marchés hebdomadaires et à ciel ouvert dans les pays de la région ont entraîné une réduction du commerce régional et empêché les agriculteurs de vendre leurs produits. Ce qui a parfois conduit à une pénurie alimentaire localisée et à une augmentation des prix, souligne l'ONU.