Fatma Bendhaou
08 Juillet 2021•Mise à jour: 08 Juillet 2021
AA/Nice/Feiza Ben Mohamed
La demande de remise en liberté formulée par les avocats de Cedric Jubillar en début de semaine, a été rejetée ce jeudi, selon une information rapportée par les médias français.
Son épouse, Delphine, a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre dernier.
La Cour d’Appel de Toulouse (sud-ouest de la France) a ainsi balayé les arguments déployés par la défense de Cédric Jubillar, qui affirmait que les éléments de l’enquête ne permettaient pas d’établir un lien entre leur client et la disparition de Delphine.
Selon BFMTV, la présidente de la Cour a considéré qu’il existait « des éléments graves et concordants » qui laissent croire que Cédric Jubillar est probablement impliqué dans la disparition et le meurtre de son épouse.
Le suspect est incarcéré dans la banlieue toulousaine depuis juin, et mis en examen pour des faits « d’homicide par conjoint » malgré ses farouches dénégations.
Cette sordide affaire qui semble s’orienter vers un féminicide, n’est pas sans rappeler celle d’Alexia Fouillot, tuée par son époux Jonathan Daval.
Après avoir participé aux opérations de recherches menées par les autorités pour retrouver Alexia, le veuf, avait fini par être confondu par des éléments matériels prouvant qu’il était à l’origine de la mort de la jeune femme.
Pendant des mois, il avait publiquement pleuré son épouse et simulé sa détresse avant d’être finalement condamné en 2020 à 25 ans de réclusion criminelle.
Ces affaires médiatisés cachent une réalité bien étendue, celle d’un pays gangrené par le fléau des violences conjugales, et des féminicides.
En 2020, 98 femmes ont été abattues par leurs conjoints ou ex-conjoints, soit près d’une victime tous les trois jours.
En 2019, ce chiffre macabre était de 152 femmes tuées par leurs compagnons violents.
Pour cette année 2021, la Fédération Nationale des Victimes de Féminicides (FNVF), recense déjà 59 victimes.
« Les affaires se multiplient et interrogent sur la prise en charge des dépôts de plainte des femmes victimes de violences » souligne la FNVF sur ses réseaux sociaux.
C’est d’ailleurs la responsabilité de l’Etat qui est directement mise en cause par les avocates d’une affaire qui a défrayé la chronique : celle de Valérie Bacot.
Cette dernière a tué son époux, qui était également son ex beau-père. Pendant des années, il l’avait violée, battue et prostituée.
« Une assignation en responsabilité pour faute lourde a été déposée au tribunal de Paris compte tenu des nombreux dysfonctionnements », avait fait savoir en juin dernier, Maître Nathalie Tomasini, avocate de Valérie Bacot, dont le fils et le beau-fils avaient tenté d’alerter les forces de l’ordre sans que les signalements ne soient suivis d’effets.
Les associations féministes pointent régulièrement le manque de moyens alloués à la lutte contre les violences faites aux femme et réclament de nouvelles mesures comme le déploiement à grande échelle de bracelets anti-rapprochements ou encore de « téléphones grave danger » qui permettent d’alerter rapidement les autorités en cas de violences.