AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Le gouvernement français a assuré ce lundi qu’il n’avait « jamais été question de posture offensive » dans le détroit d’Ormuz, après les mises en garde de l’Iran contre un éventuel déploiement militaire occidental dans cette zone maritime stratégique.
Interrogée sur BFMTV-RMC, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a affirmé que la France tenait « une posture uniquement défensive » et travaillait à une « libération pacifique du détroit d’Ormuz ».
« La circulation dans le détroit d’Ormuz bénéficie à tout le monde, elle doit pouvoir reprendre de manière pacifique », a-t-elle déclaré, soulignant que cette route maritime était essentielle pour « l’économie mondiale ».
Elle a également estimé que les tensions régionales avaient des conséquences directes sur les prix de l’énergie, affirmant que « les Françaises et les Français paient aujourd’hui le prix à la pompe de ce qu’il se passe au Moyen-Orient ».
Ces déclarations interviennent après les propos du vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, qui a averti dimanche qu’une « réponse décisive et immédiate » de l’armée iranienne suivrait toute présence militaire française ou britannique dans la région.
Paris et Londres pilotent actuellement une coalition maritime internationale destinée à sécuriser la navigation dans le détroit d’Ormuz après le cessez-le-feu conclu le 8 avril entre l’Iran et les États-Unis.
Selon Maud Bregeon, cette coalition regroupe une quarantaine de pays, dont le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie, avec pour objectif de garantir la sécurité des navires commerciaux et de « redonner confiance aux armateurs et aux compagnies d’assurance ».
Le ministère français des Armées avait annoncé le 6 mai le repositionnement du porte-avions Charles-de-Gaulle depuis la Méditerranée orientale vers le sud de la mer Rouge, au plus près du détroit d’Ormuz.
La porte-parole du gouvernement a indiqué que ce déploiement visait à permettre aux forces françaises d’être « le plus près possible des missions » qui leur sont confiées dans la région.
Elle a également appelé « chacun au calme », affirmant que la France n’était « certainement pas impliquée de manière offensive » dans le conflit régional.
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part importante du pétrole mondial, reste fortement perturbé depuis le début des affrontements entre l’Iran, les États-Unis et Israël le 28 février, malgré le cessez-le-feu entré en vigueur début avril.
Hantavirus : le gouvernement se veut rassurant
Interrogée également sur BFMTV-RMC au sujet de l’hantavirus, Maud Bregeon a assuré que les autorités françaises suivaient la situation « avec la plus grande vigilance » après la confirmation d’un cas positif chez une ressortissante française.
La porte-parole du gouvernement a affirmé que la France disposait de « connaissances scientifiques » sur ce virus et d’un « retour d’expérience » permettant aux autorités de gérer la situation.
Elle a indiqué que l’exécutif appliquait des mesures « drastiques » et « les plus dures de l’Union européenne », assurant que « le seul objectif du Premier ministre est de protéger les Français ».
Selon elle, les 22 personnes identifiées comme « cas contacts » ont toutes été contactées par les autorités sanitaires, malgré un temps d’incubation pouvant aller « jusqu’à six semaines ».
« Il n’y a pas lieu aujourd’hui d’affoler les Français », a-t-elle ajouté, appelant à éviter toute « panique » autour de cette situation sanitaire.