Mona Saanouni
05 Août 2020•Mise à jour: 06 Août 2020
AA / Beyrouth / Hassan Dérouich
Le ministre libanais de la Santé, Hamad Hasan, a annoncé, mercredi, la hausse du bilan des victimes de l’explosion du port de Beyrouth, à 135 morts et près de 5 mille blessés.
Dans une déclaration télévisée, Hassan a souligné, également qu’il y a encore des dizaines de personnes portées disparues qui sont recherchées par les services compétents sous les décombres.
De son côté, le gouverneur de Beyrouth, Marwen Abboud, a exhorté tous les citoyens à éviter et à s’éloigner du pont « Charles Helou », qui se trouve à proximité de l’endroit de l’explosion, après que des informations aient circulé sur des fissurations qui l’auraient atteintes.
Abboud a déclaré aux journalistes : « La valeur de principe des dommages de l’explosion est évaluée entre 3 et 5 milliards de dollars ».
Le ministre libanais de la Santé avait déclaré plus tôt que le bilan de l’explosion de Beyrouth est de 113 morts et de quelque 4 mille blessés avant l’annonce du nouveau bilan actualisé.
Hassan a indiqué qu’un mécanisme « a été adopté pour rendre fonctionnel sans délai les hôpitaux de campane afin de traiter rapidement les blessés et notre demande consiste à ce que le ministère de la santé détermine les emplacements idoine à leur installation et nous sommes confiants en la direction de l’armée ».
« Nous ne sommes pas contre la direction communes des dons. Cependant, la question de la réception des hôpitaux de campagne (des pays qui offrent des aides) relève de la compétence du ministère de la Santé afin de sauver les blessés et les victimes », a-t-il ajouté.
Hassan a relevé que les « aides doivent être acheminées de l’aéroport au ministère de la Santé sous la supervision de l’armée ».
La capitale libanaise a été le théâtre d’une double explosion, d’une puissance inouïe, qui a secoué le port de Beyrouth, à cause, selon les premiers éléments, d’un incendie qui a atteint un entrepôt contenant des matériaux hautement explosifs.
Le Haut Conseil de la défense avait décrété, tard dans la soirée du mardi, Beyrouth, « ville sinistrée », dans le cadre d’une batterie de mesures, de décisions et de recommandations annoncées pour faire face aux retombées de la puissante explosion.
Au terme d’une réunion présidée par le chef de l’Etat, Michel Aoun, le Conseil a indiqué avoir recommandé de charger une commission d’enquêter sur les causes de l’explosion.
Les résultats et conclusions de l’enquête seront transmises aux autorités judiciaires compétentes, dans un délai maximum de 5 jours, et les peines maximales seront infligées aux responsables des manquements, a précise le Conseil.
Cette explosion vient approfondir les souffrances d’un pays qui souffre depuis plusieurs mois d’une crise économique inédite (depuis la Guerre civile 1975-1990) et d’une polarisation politique aiguë, dans un paysage marqué par l’interférence de protagonistes régionaux et internationaux.