Lassaad Ben Ahmed
09 Octobre 2018•Mise à jour: 09 Octobre 2018
AA / France / Fawzia Azzouz
Des dizaines de milliers de manifestants se sont mobilisés à travers toute la France, mardi, à l’appel de syndicats, pour protester contre la politique du président Emmanuel Macron, a-t-on appris de sources concordantes.
Il s’agit de la première grosse journée de mobilisation depuis la rentrée 2018.
Toute la journée de mardi, de nombreuses villes de France ont été le théâtre de manifestations et de rassemblements de protestation.
A l’appel de nombreux syndicats de gauche, comme FO (Force Ouvrière), la CGT (Confédération Générale du Travail) ou encore l’UNEF (Union Nationale des Étudiants de France), plus d’une centaine de manifestations ont été recensées à travers le pays selon la radio RTL.
Dans un communiqué commun, les organisations signataires dénoncent « la destruction de notre modèle social, favorisant notamment l'explosion des inégalités et la casse des droits collectifs ».
Selon les syndicats, « cette politique, ainsi que les mesures encore récemment annoncées par le gouvernement » affaiblissent davantage « les précaires et les plus démunis ».
Ils dénoncent collectivement, le gel des augmentations des allocations familiales, des pensions de retraite ou encore des allocations au logement.
À Nantes (ouest), plus de 5000 personnes étaient dans la rue, mardi matin. Du côté de Marseille (sud-est) ils sont 30000 à avoir défilé selon les organisateurs et 5600 selon la police, rapporte le quotidien d’informations 20Minutes.
Dans des villes secondaires comme Rouen, la participation était de 5000 personnes d’après les organisateurs cités par France Info.
À Paris, le défilé a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes pour une démarche interprofessionnelle qui rassemblait de nombreux corps professionnels.
Les avocats et syndicats de justice ont, quant à eux, manifesté devant le Sénat pour protester contre la réforme de la justice qui était en cours d’examen, mardi.
Ainsi, les Français font preuve d'endurance, dans la mesure où la mobilisation populaire ne ne s'est pas essoufflée depuis le début de l’année. Elle trouve sa source dans les nombreuses réformes entreprises par le gouvernement.
Parmi les plus contestées, la réforme de la SNCF qui prévoit notamment la suppression du statut privilégié de cheminot et l’ouverture à la concurrence.
Les salariés du secteur hospitalier réclament, de leur côté, une amélioration de leurs conditions de rémunération et de travail sans que le gouvernement ne semble disposé à accéder à ces demandes.
Ce mouvement populaire intervient dans un contexte très particulier en France. Un remaniement ministériel de grande ampleur est attendu avant la fin de la journée de mardi.
Pour rappel, depuis mi-juillet, le président Macron est enclin à une crise politique majeure consécutive aux révélations de l’affaire Benalla érigée au rang de scandale d’Etat.
Emmanuel Macron avait vu sa cote de popularité chuter à 29%, début septembre, suite à ces révélations qui avaient provoqué un « séisme politique » au sein de l’Hexagone.
Alexandre Benalla, ancien chargé de mission de l’Elysée avait été licencié après qu’il se soit procuré illégalement des vidéos de surveillance le montrant en train de se livrer à des violences sur des manifestants à Paris.
Signe du malaise suscité par la démission récente de Gérard Collomb, le président français l’avait, dans un premier temps, refusée avant de finir par céder. Pris de cours, c’est Édouard Philippe qui assure l’intérim depuis une semaine en attendant de dévoiler le nom de son successeur.