Bilal Müftüoğlu
08 Janvier 2016•Mise à jour: 09 Janvier 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Une grande majorité des immigrés en France affirment se sentir Français alors qu'ils subissent des conditions socio-économiques défavorisées, a révélé une étude de l'Institut national d'études démographiques (Ined).
Selon l'étude "Trajectoires et origines", les immigrés, en particulier originaires du Maghreb et d’Afrique subsaharienne, sont ceux qui souffrent le plus des conditions inégales à l'égard de l'accès à l'emploi et des "attitudes ouvertement racistes".
L'enquête effectuée auprès 21 800 individus, dont 8 300 immigrés, 8 200 descendants d'immigrés, 700 natifs d'un département d'outre-mer (DOM), 700 descendants de natifs d'un DOM et 3 900 personnes de la "population majoritaire", a révélé que les originaires d’Afrique subsaharienne, d’un DOM ou du Maghreb sont "de loin les plus nombreux à déclarer avoir été la cible d’insultes, de propos ou d’attitudes ouvertement racistes au cours de leur vie", notamment avec un taux de déclaration atteignant 55 % pour les immigrés originaires d’un pays riverain du golfe de Guinée ou d’Afrique centrale.
Les immigrés originaires d'Asie du Sud-est et de Turquie "se situent dans une position intermédiaire" entre ces premiers groupes et les Européens, a poursuivi l'étude.
L'étude a par ailleurs mis en relief que les immigrés et leurs descendants sont "particulièrement concentrés dans les zones urbaines sensibles" alors qu'il n'existe tout de même pas de ghettos "à l'américaine" en France, où seraient complètement absentes les personnes de la population majoritaire.
Les descendants d'immigrés bénéficient des conditions sociales légèrement meilleures que leurs parents pourtant économiquement parlant, ils occupent des situations inférieures à celles des migrants eux-mêmes, notamment les fils plus que les filles d'immigrés.
Les immigrés se sentent massivement Français malgré les conditions socio-économiques qu'ils subissent, a encore révélé l'étude. En effet, 97% des descendants d’un seul parent immigré affirment se sentir Français alors que ce taux atteint 89 % chez les descendants de deux parents immigrés, 76 % des immigrés arrivés enfants et 52 % des immigrés venus adultes et qui ne sont souvent pas encore naturalisés.
Finalement, l'étude a dévoilé les tendances religieuses chez les immigrés qui se déclarent de plus en plus athées ou agnostiques, à l'instar de la population majoritaire, sauf ceux de confession musulmane. Les immigrés sont désormais 23% à se déclarer athées et agnostiques, alors que 48% des descendants d'un seul parent immigré se disent athées et agnostiques, un niveau similaire à celui de la population majoritaire (49 %).
En revanche, chez les immigrés de confession musulmane âgés de 17 à 25 ans, 85 % déclarent que la religion joue un rôle important dans leur vie.