Ümit Dönmez
30 Mai 2023•Mise à jour: 30 Mai 2023
AA / Paris / Ümit Dönmez
Les taux d'usure, soit les taux maximums auxquels il est autorisé d'accorder un prêt, ont été révisés à la hausse pour le mois de juin en France, selon l'avis publié ce dimanche, au Journal officiel.
Les taux d'emprunt, décidés par la Banque de France et publiés par le ministère de l'Économie et des Finances, ont connu une augmentation supérieure à un point de pourcentage depuis le début de l'année, notamment dans un contexte inflationniste.
Ainsi, depuis janvier 2023, le taux d’usure maximal pour les prêts immobiliers de 20 ans et plus et les prêts pour travaux d'un montant supérieur à 75 000 euros est passé de 3,57 % à 4,68 %, soit une hausse de 111 points de base.
Ce taux s'établit à 4,45 % pour les prêts d’une durée comprise entre 10 ans et moins de 20 ans, après un taux effectif moyen de 3,34 % appliqué par les banques au cours du trimestre précédent.
Le taux maximal pour les prêts immobiliers de moins de 10 ans passent à 3,99 % en juin, après un taux effectif moyen de 2,99 % appliqué par les banques au cours du trimestre précédent.
- Resserrement du marché du crédit
La première conséquence de cette progression des taux est le resserrement du marché du crédit, notamment immobilier. Ainsi, l'observatoire Crédit Logement/CSA a fait état, pour la fin avril, d'un repli de 40,1 % du nombre de prêts accordés, et de 39,7 % des montants cumulés, en glissement annuel, une tendance qui devrait persister.
Une autre conséquence de cette progression des taux est l'allongement de la durée des crédits, notamment immobiliers. Ainsi, cette durée s'est allongée de plus d'un trimestre entre mars 2022 (241,3 mois) et mars 2023 (244,5), selon l'observatoire Crédit Logement/CSA.
Alors que les taux de crédits immobiliers sur 20 ans étaient d'environ 1 % en janvier 2021, ils atteignent désormais plus de 4 %. Cette envolée des taux pénalise les emprunteurs. Outre l'augmentation, depuis l'été 2022, des fonds propres requis pour emprunter, la somme qui peut être prêtée à un ménage moyen est rognée d'environ un quart, selon la Banque de France.