Ümit Dönmez
16 Septembre 2023•Mise à jour: 16 Septembre 2023
AA / Paris / Ümit Dönmez
La première ministre française, Élisabeth Borne, a qualifié de "choquant", ce samedi, le courrier adressé par le rectorat de Versailles aux parents de Nicolas, l'adolescent qui s'est suicidé à Poissy (Île-de-France) début septembre.
Interrogée par BFMTV, dans le contexte des 40ᵉ Journées européennes du Patrimoine, Élisabeth Borne a fait état d'une "défaillance sur le type de réponse adressée à des parents inquiets".
"C'est choquant. L'inspection permettra de voir dans quelles circonstances un courrier aussi décalé par rapport à la douleur des familles a pu être adressé", a ajouté la première ministre qui a rappelé sa volonté de légiférer sur la question du harcèlement scolaire et de ses conséquences dévastatrices pour les enfants et leurs familles.
"Il faut qu'on soit plus attentif à la parole des enfants. Cela passe par la formation de tous les adultes qui peuvent être en contact avec ces enfants pour comprendre la difficulté, la douleur qu'ils peuvent ressentir. L'objectif est que cela ne se reproduise plus et que tous les intervenants soient formés", a-t-elle souligné.
Pour rappel, Nicolas, un adolescent de 15 ans, s'est suicidé le 5 septembre courant à son domicile de Poissy, dans les Yvelines, après avoir été victime de harcèlement dans son lycée professionnel, selon ses proches.
Les parents avaient alerté son établissement en avril dernier sur ces faits de harcèlement scolaire. Le rectorat de Versailles leur avait répondu en mai, en leur demandant "d'adopter une attitude constructive et respectueuse", et leur rappelant les risques de sanctions légales en cas de dénonciation calomnieuse.
"Il est incompréhensible que vous puissiez laisser un adolescent subir une telle violence verbale et psychologique dans votre établissement sans réagir d'une quelque manière, aussi allons-nous déposer plainte et vous considérer comme responsable si une catastrophe devait arriver à notre fils", déclaraient les parents dans leur courrier adressé à la direction de l'établissement.
Selon BFMTV, le proviseur s'était défendu dans un courrier daté du 20 avril, expliquant que des entretiens avaient eu lieu avec les élèves concernés et que Nicolas avait été consulté à de nombreuses reprises sur la situation.
"Aucun fait de classe significatif en lien avec Nicolas, n'a été remonté par l'équipe pédagogique depuis le 10 mars", indiquait le proviseur de l'établissement.
Selon la chaîne d'information, deux semaines plus tard, le rectorat de Versailles leur avait également répondu aux parents dans un courrier, dans lequel il leur reprochait leur réaction.
"Vous avez remis en cause les fonctions et menacé de dépôt de plainte le personnel de direction du lycée professionnel [...] Vous avez reproché à ce dernier sa passivité face à un supposé harcèlement subi par votre enfant", pouvait-on lire dans le courrier du rectorat, qui mentionnait dans son courrier l'article du Code pénal qui punit les dénonciations calomnieuses, leur rappelant qu'elles sont punies de cinq ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende.
Il enjoignait alors les parents "d'adopter désormais une attitude constructive et respectueuse envers les membres de la communauté éducative", selon BFMTV.