Serap Dogansoy
16 Juillet 2026•Mise à jour: 16 Juillet 2026
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
La politique française de l’asile a coûté au moins 1,85 milliard d’euros en 2025, hors certaines dépenses de santé, de scolarisation et d’aide sociale, selon un rapport adopté le 9 juillet par la commission des finances du Sénat.
La rapporteure, la sénatrice LR Marie-Carole Ciuntu, estime que l’asile tend à devenir « une voie d’immigration comme une autre » et formule huit recommandations pour réduire les dépenses et mieux contrôler les protections accordées.
Les demandes ont presque doublé entre 2015 et 2024, passant de 80 000 à 154 000, avant de refluer à environ 145 000 en 2025. L’hébergement représente près de la moitié de la facture. Le rapport préconise de privilégier les structures collectives, jugées moins coûteuses que les logements dispersés.
Réduire les délais
L’Ofpra met en moyenne 163 jours pour examiner une demande, et la procédure peut durer environ un an en cas de recours. Selon le rapport, réduire ce délai d’un mois permettrait d’économiser l’équivalent du budget annuel de fonctionnement de l’Office.
La sénatrice recommande notamment de généraliser les pôles « France asile », dont le site pilote de Cergy aurait permis de réduire les délais de 40%. Elle évalue par ailleurs à près de 90 millions d’euros le coût de la mise en œuvre du pacte européen sur la migration et l’asile en 2026.
Raccourcir les titres
Alors que 52% des demandes ont abouti à une protection en 2025, le rapport propose de ramener de dix à quatre ans la durée du titre accordé aux réfugiés et de quatre à deux ans celle du titre des bénéficiaires de la protection subsidiaire.
Il recommande également d’orienter les nouveaux demandeurs ukrainiens vers la protection temporaire, valable jusqu’en mars 2027.
Enfin, Marie-Carole Ciuntu appelle à renforcer le suivi des déboutés visés par une obligation de quitter le territoire. Depuis 2019, le taux d’exécution de ces mesures dépasse à peine 5%, tandis qu’un quart des déboutés obtiennent ensuite un titre de séjour pour des motifs familiaux ou économiques.