Ekip
08 Juin 2022•Mise à jour: 08 Juin 2022
AA / Paris / Fatih Karakaya
En 2021, la France a expulsé les exilés des campements plus de cent fois par mois, selon le rapport annuel de Human Rights Observers (HRO) publié ce mercredi.
L'association qui se définit comme « un organe indépendant d’observation visant à documenter pour dénoncer les violences d’État perpétrées contre les personnes en situation d’exil à la frontière franco-britannique en vue d’y mettre fin », a observé qu’en 2021, 1226 expulsions de lieux de vie informels (campements) ont été recensés.
« L’Etat français expulse 102 fois par mois et plus de trois par jour », en déduit l’ONG.
« La stratégie de l’État à Calais est désormais bien huilée : expulser chaque campement toutes les 48 heures», explique d’ailleurs le média « Rapport de Force », qui estime que l’Etat veut « éviter à tout prix qu’un campement ne prenne trop d’ampleur, en forçant les gens à la mobilité ».
Pour démontrer cette volonté de l’Etat, HRO comptabilisait 967 expulsions de lieux de vie informels à Calais en 2020, contre 1226 en 2021.
Toujours selon le même média, « un convoi policier aux effectifs disproportionnés se rend sur les lieux de vie poussant certains à s’enfuir alors que d’autres font face à des policiers armés qui, à l’aide des agents de l’entreprise privée de nettoyage, saisissent les abris et effets personnels des personnes migrantes ».
D’après les chiffres de l’HRO, « pas moins de 5794 tentes et bâches et 2833 sacs de couchage et couvertures ont été prises en un an ».
- Même situation à Grande-Synthe
Toujours selon l’ONG, les migrants subissent les mêmes humiliations à Grande-Synthe, une commune avoisinante. Ainsi, si l’association note « moins d’expulsions », la saisie des affaires est plus flagrante.
D’après l’HRO, en 2021, 61 expulsions ont été recensées alors que pour la même période « les forces de l’ordre et les agents de nettoyage ont « détruit » 4327 tentes et bâches, ainsi que 918 sacs de couchage et couvertures », mais aussi « les sacs à dos qui contiennent encore des documents d’identité, des ordonnances et traitements médicaux, des téléphones portables ».
HRO observe, par ailleurs, que « les mineurs isolés sont particulièrement fragilisés par ces expulsions » et regrette que « les forces de l’ordre tiennent à distance, à chaque fois, les observateurs associatifs ».