Mucahithan Avcioglu
09 Juillet 2026•Mise à jour: 09 Juillet 2026
Des militants propalestiniens ont perturbé une intervention de Werner Vogels, vice-président et directeur de la technologie (CTO) d'Amazon, lors du sommet mondial « AI for Good » organisé à Genève par l'Union internationale des télécommunications (UIT), une agence spécialisée des Nations unies.
Les manifestants accusent l'entreprise de fournir à Israël des infrastructures de "cloud computing" et d'intelligence artificielle.
Selon des images diffusées par le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) sur le réseau social américain X, plusieurs militants sont montés sur scène alors que Werner Vogels prenait la parole. L'un d'eux a déployé une banderole sur laquelle était inscrit : « No tech for apartheid » (« Pas de technologie pour l'apartheid »).
Un autre manifestant a accusé Amazon de tirer profit du Project Nimbus, un contrat de services cloud conclu avec Israël en partenariat avec Google. Selon lui, ce projet permet aux autorités israéliennes d'accéder à des outils avancés de cloud computing et d'apprentissage automatique susceptibles d'être utilisés à des fins militaires et de surveillance.
Le militant a également affirmé que des technologies liées à ce contrat étaient utilisées dans les systèmes militaires israéliens, notamment « Lavender » et « Where's Daddy? », qui ont été mis en cause par des organisations de défense des droits humains et des enquêtes de presse pour leur rôle présumé dans l'identification et le ciblage de Palestiniens dans la bande de Gaza.
Les agents de sécurité ont évacué les manifestants de la scène alors qu'ils scandaient des slogans appelant Amazon à mettre fin au Project Nimbus.
Le Project Nimbus est un programme de cloud computing et d'apprentissage automatique destiné à fournir à Israël une infrastructure nationale de cloud, des capacités de stockage et d'analyse des données, ainsi que des outils informatiques avancés.
Attribué en avril 2021 à Amazon Web Services (AWS) et Google, ce contrat, estimé à environ 1,2 milliard de dollars, doit permettre à Israël de développer des centres de données sur son territoire et d'étendre le recours aux technologies de cloud au sein de ses administrations, selon le ministère israélien des Finances.
Les organisations propalestiniennes dénoncent régulièrement les contrats conclus entre de grandes entreprises technologiques et Israël, estimant que ces services peuvent être utilisés dans des opérations militaires ainsi que dans des systèmes de surveillance et de ciblage.
*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir