Saida Charafeddine
29 Janvier 2016•Mise à jour: 30 Janvier 2016
AA/Genève/Mohamed Cheïkh Youssef
Les pourparlers pour la paix en Syrie débuteront aujourd’hui, vendredi, à Genève par une réunion organisée par Staffan de Mistura, l’envoyé du Secrétaire général de l’ONU pour la Syrie, sans que la délégation de l’opposition syrienne ne soit encore sur place, ni n’ait définitivement tranché la question de sa participation ou pas.
De Mistura aura ce vendredi une rencontre avec la délégation du régime syrien, présidée par le délégué permanent de la Syrie auprès de l’ONU, Bachar al-Jaafari, selon plusieurs sources concordantes.
En dépit du manque de clarté dans les choix de l’opposition syrienne et dans l’avenir de ces pourparlers, la presse internationale s’est mobilisée de manière inattendue pour cette événement. Le bureau de l’information de l’ONU a Genève a enregistré environ 500 demandes d’accréditation de journalistes désireux de couvrir la rencontre inter syrienne.
Sur le début des pourparlers, de Mistura avait déclaré hier jeudi que les discussions de Genève entre le régime syrien et l’opposition auront lieu dans les prochains jours alors que le porte parole des Nations Unies Ahmed Faouzi avait confirmé leur démarrage ce vendredi.
L’envoyé du SG de l’ONU a en outre adressé jeudi un message pour le peuple syrien et dont Anadolu a eu copie, disant: «Ce que nous appelons discussions ou négociations syriennes auront lieu dans les tout prochains jours afin d’obtenir une avancée sur le processus de rétablissement de la stabilité, de la paix et de la dignité en Syrie »
«Vous avez vu plusieurs conférences dont ‘Genève II’ et les ‘concertations de Genève’, cette conférence-ci ne doit pas échoué car il s’agit d’une occasion à ne pas rater » a-t-il affirmé.
De son côté le porte-parole de l’ONU, Mohamed Faouzi, avait démenti hier jeudi des informations faisant état d’un éventuel report des discussions de Genève entre le régime syrien et l’opposition, confirmant sa tenue à partir de ce vendredi et indiquant que l’Envoyé de l’ONU aura une rencontre avec l’une des deux parties sans préciser laquelle.
Selon des sources onusiennes les pourparlers devraient être indirects pendant plusieurs semaines pour finir plus tard par regrouper la délégation du régime et celle de l’opposition autour de la même table.
La Haute instance des négociations - relevant des différentes factions de l’opposition politique et armée syrienne – n’a pas encore tranché la question de sa participation aux pourparlers.
Son porte-parole, Salem Msalat, a publié un communiqué jeudi, remerciant Staffan de Mistura pour «avoir confirmé que les alinéas 12 et 13 dont nous avons exigé l’application, sont des droits légitimes traduisant les attentes du peuple syrien et donc indiscutables».
Il a ajouté dans le même communiqué: «Nous avons adressé un message au Secrétaire général des Nations Unies, demandant aux membres du Conseil de sécurité et surtout aux cinq membres permanents, d’assumer leur responsabilité et leur engagement dans l’application de la résolution 2254 et nous attendons la réponse.»
«L’instance [de l’opposition] est sérieuse quant à sa participation et sa volonté d’entamer des négociations, sauf que celui qui fait obstacle à cela est celui qui bombarde des civils et les affame » a soutenu le porte-parole.