Mehmet Hatipoğlu
07 Juin 2018•Mise à jour: 08 Juin 2018
AA - Xanthi (Grèce)
C’est au son des tambours, joués par les jeunes, que la minorité turque de l’Ouest de la Thrace, célèbre chaque soir l’iftar, rupture du jeûne.
Pendant tout le mois de Ramadan, les habitants des villages de Komotini et de Xanthi, rompent leur jeûne à travers des activités religieuses et des repas collectifs organisés par les muftis (religieux musulmans sunnites) des villages, les délégations villageoises et les associations.
Dans les villages de Komotini et de Xanthi, où les habitants se préparent traditionnellement à accueillir le Ramadan en nettoyant leur maison et en repeignant leur façade, la rupture du jeûne est célébrée avec des feux d’artifice.

Lors des repas, les habitants dégustent des plats traditionnels turcs comme le"Hoca Gezegi", plat originaire de la Thrace et hérité de l’Empire ottoman.
Pendant le Ramadan, le "Gezek" est préparé, à tour de rôle par l’ensemble des villageois et est offert aux imams et aux muezzins, chargés de l’appel à la prière, pour le iftar et le sahour (repas pris avant l’aube).
- Iftar collectif dans les grands villages turcs
Le iftar, organisé, lundi soir dans la cour de la mosquée du village de Sminthi a permis le rassemblement des proches qui vivent dans les zones montagneuses.
De nombreuses personnalités, dont le vice consul de Turquie à Komotini, Ibrahim Isik, se sont joints aux citoyens afin de participer au iftar organisé par le mufti en coopération avec la municipalité du village de Miki.
Lors d’une interview accordée à l’Agence Anadolu (AA), le mufti de Xanthi, Ahmet Mete, a souligné le vif intérêt manifesté par les habitants aux iftars.
Il a affirmé que ces organisations permettent aux individus de se rapprocher davantage.
Indiquant que le taux de participation aux repas organisés à Siminthi sont au dessus de leurs attentes, Mete a partagé que la beauté du Ramadan se fait ressentir pendant les repas collectifs.
Cemil Kabza, maire du village de Mustafcova, a fait savoir que des repas sont organisés dans la plupart des villages grâce à la précieuse contribution des villageois.
"Ces repas assurent le vivre ensemble et la solidarité. C'est grâce à ces organisations que nos traditions existent encore de nos jours".
Huseyin Zeybek, député de la Syriza, a attiré l’attention sur la dimension spirituelle du mois de Ramadan qui revêt, selon lui, une autre signification dans l’Ouest de la Thrace.
Le député a partagé que les repas collectifs, en plus de contribuer à l’unité et la cohésion dans les villages, permettent aux traditions de perdurer.