Levent Tok,Burak Karacaoğlu,Selen Temizer,Tuncay Çakmak,Ayvaz Çolakoğlu
13 Octobre 2017•Mise à jour: 14 Octobre 2017
AA - Ankara/Idleb
Les forces armées turques poursuivent leur déploiement dans la zone de désescalade de la province syrienne d’Idleb, sur l'axe Idleb-Afrin dans un premier temps, dans l’objectif d’y établir des postes d’observation et de faire respecter la trêve.

Selon les informations communiquées, vendredi, par le correspondant de l’agence de presse turque Anadolu (AA), se trouvant dans la zone de déploiement, l’armée turque continue d’acheminer du matériel militaire dans le Nord d’Idleb. Les premiers soldats ont commencé, jeudi, à entrer dans la zone depuis Reyhanli à Hatay dans le sud de la Turquie.
Dans un premier temps, les forces turques devraient s’installer dans une zone située entre le district d’Afrin, contrôlé par l’organisation terroriste PKK/PYD, et Idleb.
D'après les informations obtenues de sources sécuritaires, le déploiement des forces turques se déroulera par étapes en direction du Sud d’Idleb, et ce dans le cadre de l’accord conclu à Astana avec les autres pays garants que sont la Russie et l’Iran.
Selon les termes de l'accord, les forces armées turques vont installer, plus d’une dizaine de postes d’observation, dans une zone allant du Nord au Sud d’Idleb,
La Turquie va installer des postes d’observation dans des zones internes d’Idleb et les forces russes se positionneront, avec leurs propres postes d’observation, à l’extérieur de la ville.
Le déploiement des forces turques dans la zone de désescalade sera effectué en coordination avec l’Armée Syrienne Libre (ASL).
Le déploiement des militaires turcs à Idleb devrait permettre de rendre effectif le cessez-le-feu entre l’opposition et les forces du régime d’al-Assad, de mettre un terme aux affrontements, de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire dans la région et d'assurer la mise en place des conditions nécessaires pour le retour des réfugiés.
Près d’un million de syriens vivent actuellement dans des campements au point zéro de la frontière turque. Si un accord sur l’aménagement d’une zone de désescalade n’avait pas pu être scellé, probablement que des millions d’habitants d’Idleb auraient été poussés à fuir en Turquie, face à une possible vague de violences opérées par les forces du Régime soutenues par l’Iran et la Russie.
Le déploiement de l’armée turque vise, également, à faire respecter la trêve et ainsi, empêcher les mouvements migratoires en garantissant la sécurité des civils.
La ligne militaire mise en place par la Turquie à l’intérieur d’Idleb va également constituer un mur sécuritaire à même d’empêcher l’organisation terroriste PKK/PYD, qui contrôle le district d’Afrin, de progresser jusqu’à Idleb.
L’organisation terroriste qui occupe Afrin depuis 2011 ressent le besoin de constituer, en s’emparant d’une partie d’Idleb, un corridor qui commencerait à la frontière irakienne et qui lui donnerait accès à la mer Méditerranée.
Depuis le début de la guerre civile en 2011, la ville d’Idleb, située à proximité de la frontière turque, fait l’objet d’attaques intensives de la part du Régime. En mars 2015, la ville est passée sous le contrôle des forces armées de l’opposition et des organisations armées hostiles au Régime.
La ville, dont la population d’origine était d’environ 2,5 millions, est devenue, avec le flux de civils fuyant la guerre, un territoire où s’entassent près de 4 millions de personnes.
Le groupe militaire d’opposition, "Ahrar al-Cham" et le groupe armé opposé au régime, "Hayat Tahrir al-Cham", deux entités très actives à Idlib, se sont retirés du centre de la province, 3 mois auparavant.
Idleb est actuellement dirigée par une Assemblée locale composée de civils. Les services fournis à la population sont financés par les fonds versés par le Gouvernement Provisoire Syrien à cette Assemblée locale.
Aucun groupe ou organisation armés ne sont présents dans le centre de la ville, ces derniers étant positionnés dans les zones rurales autour d’Idleb.
Lors des derniers mois, le poids du groupe armé "Hayat Tahrir al-Cham" s'était renforcé dans la région.
A Idleb, plusieurs groupes armés locaux sont présents au sein de l'ASL.
Au Nord-est d’Idleb, se trouve la ville d’Alep, au sud celle de Hama et à l’Ouest Lattaquié. Certaines de ces localités sont contrôlées par les forces du Régime et d’autres par les forces de l’opposition.
A la mi-septembre dernier, les Etats garants du processus d’Astana (la Russie, la Turquie et l’Iran) ont annoncé avoir conclu un accord visant à mettre en place une zone de désescalade à Idleb, conformément à un accord signé en mai dernier.