Hafawa Rebhi
29 Novembre 2018•Mise à jour: 29 Novembre 2018
AA / New York
Le procureur argentin a ouvert une information judiciaire contre le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman pour d’éventuels "crimes de guerre" au Yémen, a rapporté Human Rights Watch (HRW) mercredi.
C’est ce qui ressort d’un communiqué publié par l’organisation sur Twitter.
L'organisation a expliqué avoir saisi le procureur fédéral argentin Ramiro González concernant l’implication de bin Salman dans des crimes de guerre au Yémen.
Reconnaissant la validité du principe de compétence universelle pour certains crimes particulièrement graves, le procureur argentin a donc demandé au juge fédéral Ariel Lijo de se renseigner auprès des autorités saoudiennes et yéménites sur les accusations formulées contre le prince héritier saoudien.
González s’est également renseigné auprès du ministre argentin des Affaires étrangères sur le statut diplomatique du prince héritier.
Plus tôt mercredi, bin Salman est arrivé à Buenos Aires, la capitale argentine, qui accueille le sommet du G20 vendredi et samedi.
La plainte de HRW comprenait un exposé sur le rôle de Mohammed bin Salman dans d'éventuels crimes de guerre commis par la coalition saoudienne au Yémen et sur des actes de torture perpétrés par des responsables saoudiens.
La note soulignait également l’éventuelle implication de bin Salman dans de graves actes de torture et de mauvais traitements de citoyens saoudiens, tels que l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi à Istanbul en octobre dernier.
La Constitution argentine reconnaît la compétence universelle en matière de crimes de guerre et de torture, ce qui signifie que les autorités judiciaires du pays sont habilitées à enquêter sur ces crimes et à les poursuivre, indépendamment du lieu où ils ont été commis, de la nationalité des suspects ou de leurs victimes.