Ekip
22 Janvier 2023•Mise à jour: 22 Janvier 2023
AA / New Delhi / Shuriah Niaz
Le gouvernement indien a censuré tout le contenu des médias sociaux lié au premier épisode du documentaire de la BBC "India : The Modi Question".
Le documentaire porte sur le rôle du Premier ministre indien Narendra Modi en tant que ministre en chef de l'État du Gujarat, dans l'ouest du pays, lors des émeutes de 2002 qui ont fait plus de 1 000 morts, dont une grande majorité de musulmans.
En raison de son incapacité à mettre fin à une série d'émeutes meurtrières dans l'État, le gouvernement américain en 2005 et, plus tard, le Royaume-Uni, avaient interdit à Modi l’accès à leurs territoires respectifs.
Modi a été ministre en chef du Gujarat de 2001 à 2014.
Les émeutes du Gujarat ont été déclenchées par un incident impliquant l'incendie d'un train à Godhra le 27 février 2002, au cours duquel des pèlerins hindous revenant d'Ayodhya ont trouvé la mort. La responsabilité de l'incendie a été attribuée aux musulmans, mais une enquête a révélé qu'il s'agissait d'un accident involontaire.
Invoquant les pouvoirs d'urgence prévus par la nouvelle réglementation sur les technologies de l'information (TI), le gouvernement fédéral a ordonné, samedi, le blocage des vidéos YouTube et des tweets diffusant le premier épisode du documentaire de la BBC.
Le documentaire n'a pas encore été officiellement diffusé en Inde.
Kanchan Gupta, conseillère principale du gouvernement, a déclaré, samedi, dans une série de tweets, que le "ministère de l'information et de la radiodiffusion a donné des instructions pour le blocage de plusieurs vidéos de la première partie de la propagande haineuse de la BBC sur YouTube. Des ordres ont également été donnés à Twitter pour bloquer plus de 50 tweets contenant des liens vers ces vidéos."
"Les instructions pour bloquer le contenu de la BBC ont été émises par le secrétaire à l'information et à la radiodiffusion, vendredi, en vertu des pouvoirs d'urgence prévus par la réglementation sur les technologies de l'information de 2021. YouTube et Twitter se sont tous deux conformés à ces instructions", a-t-il ajouté.
Vendredi, le ministère des Affaires étrangères du pays a décrit le documentaire comme une œuvre de propagande destinée à véhiculer un narratif particulièrement contestable.
"Le parti pris, le manque d'objectivité et, pour tout dire, une mentalité coloniale persistante, sont clairement perceptibles. En fait, ce film ou documentaire reflète le comportement de la firme et des individus qui colportent à nouveau ce discours", a déclaré le ministère dans un communiqué.
"Nous nous interrogeons sur le but de cet exercice et sur les intentions qui le sous-tendent et, à dire vrai, nous ne souhaitons pas accorder la moindre considération à de tels propos", est-il ajouté.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj