Mourad Belhaj
30 Juillet 2020•Mise à jour: 30 Juillet 2020
AA / Bagdad
Le ministère irakien de l'Intérieur a annoncé, jeudi, l'arrestation de trois membres des forces de l'ordre accusés d'avoir tué deux manifestants dans le centre de la capitale, Bagdad.
Le ministre de l'Intérieur, Othman Al-Ghanmi, a déclaré lors d'une conférence de presse tenue à Bagdad, que "la commission d'enquête sur les événements de la place de l'aviation au centre de Bagdad a terminé ses travaux".
Il a expliqué que "l'enquête a prouvé que les deux martyrs (manifestants) ont été tués par des tirs de fusils de chasse", ajoutant que ces fusils de chasse ont été utilisés par les trois membres des forces de l'ordre lors des événements, et ce à titre personnel et en violation des instructions.
Al-Ghanimi a ajouté que "le juge d'instruction a décidé de mettre les personnes accusées d'avoir tiré sur les manifestants en état d'arrestation", notant que "le ministère de l'Intérieur a formé une commission d'enquête pour poursuivre en justice les membres des forces de l'ordre qui s'étaient rendus coupables de négligence".
Le ministre de l'Intérieur a par ailleurs appelé les manifestants, "à conserver le caractère pacifique des protestations".
Le Premier ministre irakien Mustafa Al-Kazemi a donné, lundi, 72 heures aux services de sécurité pour annoncer les résultats de l'enquête sur les incidents violents qui ont accompagné les manifestations de dimanche soir sur la "Place de l'aviation".
Plus tôt dans la journée, le conseiller du Premier ministre, Hisham Daoud, a déclaré lors d'une conférence de presse tenue à Bagdad qu'environ 560 civils et militaires avaient été tués lors des manifestations populaires contre le gouvernement et la classe politique au pouvoir, depuis le mois d’octobre dernier.
Le mouvement de contestation populaire a débuté en octobre dernier en Irak. Il a réussi à renverser le précédent gouvernement dirigé par Adel Abdul Mahdi, et presse à présent Al-Kazemi de tenir ses promesses d'améliorer les services, de lutter contre la corruption et de poursuivre les personnes impliquées dans la mort des manifestants.
*Traduit de l’Arabe par Mourad Belhaj