Ali Murat Alhas
12 Janvier 2018•Mise à jour: 12 Janvier 2018
AA/ Ramallah
L'armée israélienne a demandé 27 mille dollars d'indemnisation pour les dommages causés à un véhicule militaire qui a renversé le corps d’un martyr palestinien, a déclaré jeudi à l'Agence Anadolu Naila Atiyya, l'avocate de la famille du martyr.
En juin 2015, un activiste palestinien de 22 ans, Abdullah Ghanayem, est tombé en martyr lorsque des soldats israéliens ont tiré à balles réelles sur des manifestants palestiniens dans la localité de Kafr Malik, relevant de la province de à Ramallah. Une jeep militaire essayant de passer par-dessus son cadavre s’est renversée, coinçant le corps pendant quatre heures sous le véhicule.
La famille de Ghanayem a été choquée par la demande d’indemnisation envoyée par l'armée israélienne lundi soir.
Le père de Ghanayem a qualifié la demande d '"insolente" dans une déclaration accordée à Anadolu, jeudi.
"Non seulement Ils assassinent nos enfants, et voici qu’ils exigent une indemnisation pour leurs actions, je me demande s'ils voudront que nous payions pour les balles qui tuent nos enfants", a-t-il déclaré.
Et d’ajouter : Israël est un État occupant qui vole les terres des Palestiniens et détruit leurs maisons.
"C’est nous qui devrions exiger une indemnisation", at-il souligné, promettant de recourir aux tribunaux locaux et internationaux contre la requête.
De son côté, Omar Rahhal, chef du Centre des droits de l'homme et de la démocratie (SHAMS), a déclaré à l'Agence Anadolu que la demande d'Israël était «impertinente et éhontée».
Il a considéré qu'Israël a pris cette mesure pour empêcher la famille de Ghanayem de demander une enquête.
Le jeune Palestinien est tombé en martyr à seulement quelques mètres de son domicile, a noté Rahhal.
Il a exhorté les médias à dévoiler les violations des droits de l'homme par Israël, avant d’ajouter:
"Selon la quatrième Convention de Genève, l'armée israélienne, qui tue des civils, occupe et exploite des terres palestiniennes, doit verser une indemnisation. Et, en vertu de la même convention, la force d'occupation doit maintenir les personnes sur les terres où elles vivent, et non les tuer".
La convention oblige les États à assurer la sécurité des civils sous occupation et interdit les sanctions collectives à l'encontre d'une population civile. Bien qu'Israël ait signé l'accord, il ne l’a pas encore ratifié.
Pour sa part Israël, qualifie les territoires saisis en Cisjordanie et à Jérusalem-Est de "contestés" plutôt que "sous occupation".
Israël soutient que ses actions contre les Palestiniens et l'établissement de colonies ne violent pas la convention.
La Palestine a accepté la convention en 2014.