AA / Moscou / Elena Teslova
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré, mardi, que la décision de l'Arménie de ratifier le Statut de Rome, la plaçant sous la juridiction de la Cour pénale internationale (CPI) basée à La Haye, était "inappropriée".
"Nous doutons et avons douté dès le début que, du point de vue des relations bilatérales, l'adhésion de l'Arménie au Statut de Rome de la Cour pénale internationale soit judicieuse. Nous continuons à penser qu'il s'agit d'une décision inappropriée", a déclaré Peskov lors d'une conférence de presse tenue à Moscou.
Il faisait référence à la ratification du statut de Rome par le parlement arménien, plus tôt dans la journée, envoyant ainsi un signal négatif à son allié, la Russie.
Le statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI), adopté en 1998 dans la capitale italienne, est le traité qui a créé la Cour pénale internationale. Plus de 120 États sont actuellement signataires de ce statut.
La CPI a délivré, en mars, un mandat d'arrêt à l'encontre du président russe Vladimir Poutine, l'accusant d'avoir illégalement transféré des centaines d'enfants depuis l'Ukraine. Moscou a toutefois catégoriquement démenti cette accusation.
Le porte-parole du Kremlin a souligné que l'Arménie demeurait un "partenaire" et un "État ami" pour la Russie, mais que les dirigeants actuels du pays soulevaient des interrogations.
"Nos contacts sont constants à différents niveaux, et nous allons avoir des échanges sérieux sur ce sujet. Nous devons rechercher une solution diplomatique à cet égard", a-t-il déclaré.
Plus précisément, il sera nécessaire de comprendre si le Statut de Rome prévaut sur le droit international en Arménie et s'il existe des dispositions prévoyant des exceptions, a-t-il noté.
"Nous ne voudrions pas que (notre) président se retrouve un jour à devoir refuser de visiter l'Arménie pour une raison ou pour une autre", a déclaré Peskov, faisant référence au mandat d'arrêt de la CPI à l'encontre de Vladimir Poutine.
Peskov a rejeté les raisons invoquées par le premier ministre arménien Nikol Pashinyan pour justifier l'adhésion au Statut de Rome, à savoir que la décision a été prise en raison des lacunes en matière de mécanismes de protection du pays au sein de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) et de la coopération militaire entre la Russie et l'Arménie.
Le responsable a souligné que Pashinyan lui-même avait décidé de reconnaître le Karabagh comme territoire de l'Azerbaïdjan, ce qui a conduit à la situation actuelle dans la région.
"Il faut toujours se souvenir de la décision prise à Prague par Monsieur Pashinyan de reconnaître les frontières de l'Azerbaïdjan de 1991. Il a donc reconnu le territoire du Karabagh comme faisant partie du territoire de l'Azerbaïdjan. C'est là l'élément déclencheur de toute la situation actuelle", a-t-il souligné.
Moscou se préoccupe du sort des Arméniens du Karabagh, surveille de près le respect de leurs droits par l'Azerbaïdjan et continue à leur apporter une aide humanitaire, a-t-il souligné.
"Nous continuons à ressentir de la peine pour les Arméniens du Karabagh. Nous écoutons attentivement les déclarations de nos amis azerbaïdjanais sur leur intention d'assurer la sécurité et tous les droits des Arméniens qui souhaitent rester au Karabagh. Nous fournissons également une assistance humanitaire", a-t-il déclaré.
** La Russie continue de respecter le moratoire sur les essais nucléaires
En réponse aux informations diffusées par certains médias, selon lesquelles la Russie aurait procédé à des essais nucléaires, Peskov a déclaré que les journalistes devraient "examiner plus attentivement" les photos satellites avant d'en tirer des conclusions.
Le porte-parole a également indiqué qu'il jugeait "inappropriées" les discussions au niveau officiel sur la conduite d'essais nucléaires, alors que la Fédération de Russie respecte le moratoire sur les essais nucléaires.
S'agissant des fluctuations de la monnaie russe par rapport au dollar américain, Dmitri Peskov a déclaré que la Banque centrale et le gouvernement "garantissent pleinement la stabilité macroéconomique" et que l'attention excessive portée aux fluctuations du dollar est un "vestige du passé".
Interrogé sur les dates de la visite du président Poutine en Corée du Nord, le porte-parole du Kremlin a déclaré que celui-ci "ne se rendra pas encore en Corée du Nord, mais qu'il a reçu une invitation et qu'il l’a acceptée avec gratitude".
Lors de sa visite en Russie, en septembre, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a invité Vladimir Poutine à se rendre dans son pays.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj