Şahin Demir
13 Mai 2026•Mise à jour: 13 Mai 2026
AA / Istanbul / Sahin Demir
Une proposition stratégique sur la « gestion intelligente » du détroit d’Ormuz est entrée dans sa phase finale au sein de la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement iranien et a été soumise au système parlementaire pour examen et approbation, a annoncé mercredi le président de la commission.
Ebrahim Azizi a indiqué que cette proposition vise à utiliser la position géographique de l’Iran dans cette voie maritime stratégique comme un « levier générateur de puissance ».
« La triade des missiles, le peuple et le détroit d’Ormuz ont détruit le produit de 50 ans d’efforts américains », a déclaré Azizi, selon des propos relayés par la télévision d’État IRIB.
Il a également salué le soutien populaire durant le récent conflit, affirmant que la présence de la population dans les rues et les places publiques « a porté un message important ».
Ces déclarations interviennent après qu’Azizi a affirmé, le 10 avril dernier, que cette proposition pourrait permettre au gouvernement iranien de coopérer avec Oman et d’élargir son contrôle sur le détroit d’Ormuz, devenu un enjeu majeur lors de la récente guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
S’exprimant alors sur IRIB, Azizi avait précisé que ce cadre ne deviendrait contraignant qu’après son approbation par le Parlement.
Selon lui, la proposition pourrait ouvrir la voie à des négociations avec Oman sur un traité lié à certains aspects du cadre général, tout en soulignant que Mascate ne jouerait aucun rôle dans la détermination de l’avenir de cette voie maritime.
Azizi a également affirmé que, si le texte était approuvé, le détroit d’Ormuz serait placé sous le « contrôle global et total » des forces armées et des institutions sécuritaires iraniennes.
Selon Azizi, la proposition comprend des dispositions visant à restreindre le passage des navires liés à des pays considérés comme hostiles à l’Iran, notamment Israël, ainsi que des bâtiments militaires et des navires liés au renseignement jugés nuisibles à la sécurité nationale iranienne.
Il a également indiqué que le texte comporte des mesures économiques, notamment la possibilité d’utiliser la monnaie nationale iranienne, le rial, dans les arrangements financiers liés à ce cadre.
Les tensions régionales se sont intensifiées depuis les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février, entraînant des représailles de Téhéran contre Israël ainsi que contre des alliés américains dans le Golfe, en parallèle de la fermeture du détroit d’Ormuz.
Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 8 avril grâce à une médiation pakistanaise, mais les discussions menées à Islamabad n’ont pas permis d’aboutir à un accord durable. La trêve a ensuite été prolongée par le président américain Donald Trump sans échéance précise.
Dimanche, l’Iran a transmis au Pakistan sa réponse à une proposition américaine visant à mettre fin à la guerre, mais Trump l’a rejetée, la qualifiant de « totalement inacceptable ».
*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir