Fatma Bendhaou
30 Mars 2021•Mise à jour: 30 Mars 2021
AA / Pascal Mulegwa
La Cour pénale internationale (CPI) a rejeté l’appel de l’ex - chef de guerre congolais, Bosco Ntaganda, condamné en 2019 à 30 ans de prison pour des crimes graves contre l’humanité commis dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) entre 2002 et 2003.
« La Chambre d'appel confirme, à la majorité, la décision de la Chambre de première instance VI du 8 juillet 2019, déclarant Bosco Ntaganda coupable de 18 chefs de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, commis en Ituri », souligne la Cour dans une note aux médias.
C’est la peine la plus lourde jamais prononcée par la Haute Cour. Début mars, elle a fixé à 30 millions de dollars (25 millions d'euros) le montant des réparations aux victimes du criminel de guerre congolais Bosco Ntaganda.
En novembre 2019, l'ex-chef de guerre, surnommé « Terminator », a été condamné à 30 ans de prison ferme. La Cour avait retenu à sa charge et « au-delà de tout doute raisonnable » une longue série de crimes dont des crimes sexuels, massacres, persécutions et transfert forcé de la population civile en République démocratique du Congo au début des années 2000, et enrôlement et conscription d'enfants de moins de 15 ans pour les faire participer activement à des hostilités, attaques contre des biens protégés, et destruction de biens appartenant à l'adversaire.
En première instance, les juges ont considéré comme circonstance aggravante « la cruauté particulière » avec laquelle les crimes ont été perpétrés par celui qui était surnommé « Terminator » et l’extrême vulnérabilité de ses victimes. Les juges s’étaient passés des circonstances atténuantes avancées par les avocats de Bosco Ntaganda dont le traumatisme d’avoir vécu le génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda en 1994.
A l’époque, Bosco Ntaganda, encore mineur, exerçait ses premiers faits d’armes au sein du Front patriotique rwandais (FRP), la rébellion de Paul Kagame qui avait repoussé les génocidaires avant de s’emparer du pays.
Devenu le fugitif le plus recherché en Afrique centrale, le chef de guerre s’était rendu en 2013, frappant à la porte de l’ambassade américaine à Kigali, avant d’être transféré à La Haye.
Bisco Ntanganda, qui fut également général au sein de l’armée congolaise, était l’un des commandants de la rébellion de l’UPC dont le patron, Thomas Lubanga condamné par la même Cour en 2012 à quatorze ans de prison, a déjà purgé sa peine.