Fatma Bendhaou
13 Juillet 2021•Mise à jour: 13 Juillet 2021
AA/Nice/Feiza Ben Mohamed
La France avait connaissance des versements financiers effectués par le cimentier Lafarge à l’organisation terroriste Daech en Syrie, selon une note de la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure) révélée mardi par Libération.
Un accord a été passé entre Lafarge et Daech pour permettre au fabricant de ciment de se maintenir en Syrie en dépit d’une situation clairement explosive et dangereuse.
Selon Libération, la note émanant directement de la direction de la stratégie de la DGSE et classée « confidentielle défense », fait état d’un accord entre les deux parties alors même que Lafarge « avait toujours le contrôle de son usine située dans le nord-est de la Syrie ».
La même source indique que la Cour de cassation doit se prononcer jeudi sur la mise en examen du cimentier pour des faits de « financement du terrorisme », « violation d'un embargo » et « mise en danger de la vie » de ses salariés en Syrie.
L’entreprise avait été mise en examen pour ces chefs d’accusation dès 2018 en tant que personne morale.
Lafarge était également poursuivie pour « complicité de crimes contre l'humanité » mais en novembre 2019, ce motif avait été invalidé par la justice.
Sont également poursuivis dans cette affaire le PDG Bruno Lafont, l'ancien directeur Sûreté Jean-Claude Veillard et l'un des ex-dirigeants de la filiale syrienne, Frédéric Jolibois.
Pour rappel, Lafarge est soupçonnée d’avoir versé, entre 2013 et 2014, une somme estimée à 13 millions d’euros à des groupes terroristes dont Daech, pour espérer poursuivre ses activités sur place alors que la Syrie était déjà à feu et à sang.