Mona Saanouni
03 Juin 2020•Mise à jour: 03 Juin 2020
AA / Moscou
Le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, a examiné, mercredi, avec son homologue libyen, Mohamed Tahar Siala, les développements de la situation en Libye.
C’est ce qui ressort d’un communiqué rendu public, mercredi, par le ministère russe des Affaires étrangères, et dont l'Agence Anadolu a eu copie.
« Lavrov a reçu Siala et le vice-président du gouvernement libyen, Ahmed Maatig, dans la capitale Moscou », lit-on dans le communiqué.
« La partie russe a affirmé au cours de la rencontre l’importance de cessation des hostilités et du lancement d’un dialogue inclusif avec la participation des principales forces politiques et des courants sociaux, dans les plus brefs délais », ajoute le communiqué.
Moscou a exprimé, selon le même communiqué, son « accord de principe à l’initiative lacée par le président de le parlement libyen, Aguila Salah, le 23 avril, initiative qui constitue une plateforme pour le lancement de pourparlers inter-libyens dans le but de parvenir à des solutions consensuelles des questions en suspens et mettre sur pied une seule institution du pouvoir dans le pays ».
Les deux parties, poursuit le communiqué, ont discuté, également, de la relance des efforts internationaux en vue de résoudre la crise libyenne sous les auspices des Nations Unies et sur la base des conclusions de la Conférence de Berlin, tenue le 19 janvier dernier et de la résolution 2510 du Conseil de sécurité de l’ONU.
Par ailleurs, la partie russe a mis l’accent sur la nécessité de libérer les deux ressortissants russes Maxim Shu Galle et Samer Swaifan, détenus en Libye depuis le mois de mai 2019,, affirmant que la poursuite de leur détention dans une prison de la capitale Tripoli constitue la principale entraver au développement de la coopération entre les deux pays.
Il convient de noter que le gouvernement russe avait déjà défendu ses deux ressortissants, Maxim Shu Galle et Samer Hassan Swaifan, indiquant qu’il s’agit de deux chercheurs académiciens qui travaillent dans une fondation de recherche.
Cependant, le gouvernement libyen a fuité des documents d’où il ressort que les deux individus cités sont deux agents qui travaillent pour le compte de la compagnie sécuritaire Wagner et que la cause de leur présence en Libye consiste à mener une enquêté de terrain.
Cela a coïncidé avec l’annonce officielle par l’armée libyenne de la libération de l’aéroport de Tripoli des mains des milices du général putschiste Khalifa Haftar.
Les milices de Haftar continuent d’essuyer de lourdes pertes après avoir reçu des coups sévères au niveaux des axes du sud de Tripoli et dans l’ensemble des villes du littoral occidental jusqu’aux frontières tunisiennes ainsi que dans la base militaire stratégique d’al-Wattiya.
Avec l’appui de plusieurs pays arabes et européens, les milices de Haftar lancent, depuis le 4 avril 2019, une attaque laborieuse pour prendre le contrôle de Tripoli, siège du gouvernement internationalement reconnu, faisant de nombreux morts et blessés parmi les civils et causant d’importants dégâts matériels.