Mustafa M. M. Haboush
10 Novembre 2021•Mise à jour: 10 Novembre 2021
AA / Istanbul
Un journal koweïtien a indiqué, ce mercredi, que les autorités du pays avaient décidé de ne plus délivrer de visas d'entrées aux Libanais, jusqu'à nouvel ordre, sur fond de la crise diplomatique entre Beyrouth et les pays du Golfe.
Selon ce qui a été rapporté par le journal (privé) Al-Qabas, citant des sources sécuritaires (qu’il n’a pas nommées), le ministère koweïtien de l'Intérieur "a suspendu la délivrance de toutes sortes de visas aux membres de la communauté libanaise, jusqu'à nouvel ordre".
Et d’expliquer que cette décision a été prise dans un contexte de crise diplomatique entre les pays du Conseil de coopération du Golfe et le Liban, qui a éclaté à la suite des déclarations du ministre libanais de l'Information, George Kurdahi.
Les sources ont noté que "ceux qui ont un permis de séjour dans le pays ne sont pas concernés par la décision, et ils ont le droit de revenir sur le territoire".
Le journal koweïtien a indiqué que la décision concernait la suspension de toutes sortes de visites, qu'elles soient familiales, touristiques, commerciales ou gouvernementales, en plus de la suspension de la mention d'entrée “visa de travail“.
Aucune annonce officielle koweïtienne n'a été faite sur ce que le journal a rapporté. Pour sa part, le Liban n'a fait également aucun commentaire à ce propos jusqu’à 10 h 40 GMT.
Le 29 octobre dernier, l'Arabie saoudite a retiré son ambassadeur de Beyrouth et a demandé à l'ambassadeur du Liban de quitter son territoire, une mesure adoptée, plus tard, par le Koweït, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et le Yémen, sur fond des déclarations du ministre Kurdahi.
Avant la nomination de Kurdahi au poste de ministre de l'Information, le 10 septembre dernier, il a déclaré dans une interview télévisée, enregistrée le 5 août et diffusée par la chaîne satellitaire qatarie Al-Jazeera, le 25 octobre, que les Houthis du Yémen “se défendaient contre les attaques de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis“.
Kurdahi estime que son discours n'a offensé aucun pays, ce qui explique son refus de “présenter des excuses“ ou de “démissionner“, alors que le Premier ministre libanais, Najib Mikati, l'avait exhorté, jeudi dernier, à adopter une position qui “préserve l'intérêt du Liban“.
* Traduit de l’arabe par Mounir Bennour.