Menna Ahmed
14 Mars 2018•Mise à jour: 14 Mars 2018
AA/Manilles
Le président philippin, Rodrigo Duterte, a annoncé, mercredi, le retrait de son pays du Statut de la Cour pénale internationale (CPI), après son accusation d’implication dans des crimes de meurtre, lors d’une campagne lancée contre les trafiquants de drogue aux Philippines.
Duterte a annoncé, dans un communiqué, que «les Philippines se retirent du Statut de Rome (Statut de création de la CPI), avec effet immédiat».
Il a expliqué que le retrait du Statut de Rome est décidé en raison des «attaques injustifiées et sans précédent» de la part de responsables onusiens, et de la tentative de la procureure de la CPI de lui imposer l’autorité judiciaire, «violant les procédures légales et le principe de la présomption de l’innocence », jusqu’à preuve du contraire.
Le porte-parole du président philippin, Harry Roque, a déclaré à la presse que la CPI est prévenue quant au retrait des Philippines.
Cette décision est intervenue après le lancement d’une enquête préliminaire, annoncée, le mois dernier, par la procureure générale de la CPI, «sur les meurtres illégaux aux Philippines, commis lors de la campagne sécuritaire de Duterte contre les trafiquants de drogues ».
Des organes de droits de l’Homme accusent les forces sécuritaires de commettre des crimes contre l’Humanité, dont des exécutions illégales, lors de la campagne de lutte contre les stupéfiants.
Dans ce contexte, l’Organisation internationale des droits de l’Homme « Human Rights Watch » a souligné que 12 mille personnes ont été tuées, depuis juin 2016.
Cependant, Duterte a rejeté la possibilité d’implication des forces sécuritaires dans le meurtre de personnes suspectées de trafic de drogue.
La police indique, pour sa part, avoir tué près de 4100 trafiquants de drogue, lors des campagnes officielles, assurant qu’elle n’a aucun lien avec des éléments armés inconnus, ayant tué près de 2300 consommateurs et dealers de drogue.
Duterte a accédé au pouvoir le 30 juin 2016.
Il convient de noter que le Burundi, la Russie et la Gambie se sont retirés de la CPI, créée en 2002, en tant que première Cour apte à juger les personnes, impliquées dans les génocides, les crimes commis contre l’humanité et les crimes de guerre.