Mustafa Talha Ozturk, Ümit Dönmez
04 Mars 2020•Mise à jour: 04 Mars 2020
AA – Belgrade
La Serbie n'est pas un "parking" pour les migrants, a déclaré le Président serbe, Aleksandar Vucic.
Dans une interview accordée à Pink TV, mercredi, Vucic a déclaré : "Personne n'entrera en Serbie si ce n'est nécessaire. Et nous prendrons nous-mêmes nos décisions. Nous ne serons certainement pas un parking pour les migrants."
Vucic a affirmé qu'il ne pouvait pas mettre en danger la sécurité de ses concitoyens, expliquant avoir déployé des troupes supplémentaires à la frontière avec la Croatie.
"Si quelqu'un songe vraiment à envoyer 100 000, 150 000 ou 200 000 personnes en Serbie, ils auraient tort, cela ne se produira pas", a-t-il insisté.
Par ailleurs, le ministre serbe de l'Intérieur, Nebojsa Stefanovic a déclaré que les forces de sécurité du pays étaient prêtes à défendre les frontières contre un afflux de demandeurs d'asile en provenance de Turquie, pays de transit et d'accueil, notamment pour les réfugiés syriens, irakiens et afghans.
La Serbie accueille actuellement 6 000 migrants, a déclaré le ministre de l'Intérieur.
La semaine dernière, des responsables turcs ont annoncé qu'ils ne s'efforceraient plus à empêcher les demandeurs d'asile d'atteindre l'Europe.
Plus de 135 000 demandeurs d'asile ont récemment rejoint l'Europe après que la Turquie a ouvert ses frontières, accusant l'Union européenne de ne pas tenir ses promesses dans le cadre d'un accord signé en 2016 pour apporter un soutien aux réfugiés.
La Turquie, qui accueille déjà quelque 4,4 millions de réfugiés, dont 3,7 millions de Syriens, réitère qu'elle n'est pas en capacité d'absorber une nouvelle vague de réfugiés.
Une récente escalade des tensions, dans la "zone de désescalade des tensions" à Idleb en Syrie a provoqué une nouvelle vague de réfugiés vers la frontière turque.
La Turquie a annoncé la semaine dernière qu'elle n'empêcherait plus les demandeurs d'asile de rejoindre l'Europe.
Des milliers de demandeurs d'asile ont depuis afflué vers Edirne, province turque frontalière avec la Grèce et la Bulgarie, pour tenter de rejoindre le continent.
La décision de la Turquie a été prise après que 34 de ses soldats sont tombés martyrs, la semaine dernière, suite aux attaques des forces du Régime syrien à Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie.
Les soldats turcs tentent de protéger les civils locaux dans le cadre d'un accord datant de 2018, signé avec la Russie, en vertu duquel les actes d'agression sont expressément interdits dans la zone de désescalade d'Idleb.