Fatma Nur Duman Arı
10 Avril 2026•Mise à jour: 10 Avril 2026
AA / Istanbul / Fatma Nur Duman Arı
Les experts attirent l’attention sur le fait que l’augmentation de l’usage des réseaux sociaux accroît le risque de dépendance et peut aussi déclencher d’autres formes d’addiction.
Avec la progression rapide de la numérisation, l’utilisation des réseaux sociaux est devenue une partie intégrante de la vie quotidienne, ce qui soulève également la question du risque de dépendance.
L’usage intensif des réseaux sociaux, particulièrement répandu chez les jeunes, peut entraîner des effets psychologiques et sociaux.
Les experts indiquent que cette augmentation accroît le risque de dépendance et peut déclencher d’autres formes d’addiction, ajoutant que les réseaux sociaux comportent des risques non seulement individuels mais aussi sociétaux.
Le directeur académique de la Fondation turque Yesilay, Hakan Cetin, a déclaré à Anadolu que des travaux sont menés pour prévenir les dépendances.
Il a ajouté que la dépendance ne peut pas être déterminée uniquement par le temps d’utilisation, mais par des critères comme la perte de fonctionnalité, la gestion du temps, la tolérance et les impacts sur l’entourage.
« Il existe un réel besoin d’éducation à la littératie numérique »
Cetin a évoqué les programmes de prévention menés avec le ministère de l’Éducation, indiquant qu’il existe aujourd’hui un besoin important de formation en littératie numérique.
Il a souligné l’importance des compétences de vie, précisant que les personnes qui ne savent pas gérer leurs émotions et leur stress passent plus de temps sur les réseaux sociaux.
Ces programmes visent à prévenir l’usage problématique et à développer des compétences comme la prise de décision, la gestion des émotions et du stress.
Il a également insisté sur l’importance d’identifier les causes qui poussent à utiliser les réseaux sociaux :
« Les jeunes et les adultes utilisent principalement les réseaux sociaux pour se divertir et se sentir mieux. Le problème n’est pas seulement les réseaux sociaux eux-mêmes, mais les raisons qui poussent à leur utilisation. »
« La dépendance est une maladie qui peut être traitée »
La psychologue clinicienne Tulin Guler a indiqué que les utilisateurs sont souvent exposés à d’autres contenus addictifs :
« Parmi nos patients, 30 % sont exposés à des contenus liés aux jeux d’argent et 20 % à des contenus liés au tabac et à l’alcool. Cela constitue un risque de développement d’autres dépendances. »
Elle a expliqué que les réseaux sociaux agissent sur le système de récompense du cerveau, entraînant la libération de dopamine, de sérotonine et d’endorphines.
À court terme, cela procure un soulagement, mais à long terme, cela peut provoquer des problèmes comme la dépression, l’anxiété, la colère, l’isolement social et le manque de confiance en soi.
Elle a ajouté que cela peut également réduire la capacité d’attention, provoquer des troubles du sommeil et nuire à la réussite scolaire ainsi qu’aux relations sociales.
Elle a précisé que certains signes permettent d’identifier une dépendance : utilisation fréquente, tentatives d’arrêt infructueuses, symptômes de manque, utilisation pour fuir les émotions négatives, et poursuite malgré des conséquences négatives.
*Traduit du turc par Ayse Bashoruz