Majdi Ismail
04 Février 2021•Mise à jour: 04 Février 2021
AA/ Beyrouth
L'organisation des Nations Unies (ONU) a exigé, jeudi, l’ouverture d’une enquête transparente sur l'assassinat du militant chiite et opposant farouche au Mouvement du Hezbollah, Lokman Slim, et la poursuite judiciaire de tous les responsables de ce crime.
L’adjointe du Coordinateur spécial des Nations Unies pour le Liban, Najat Rushdie, a déclaré dans un communiqué que « le meurtre de Lokman Slim, l’intellectuel courageux et engagé, constitue une perte pour tout le peuple libanais ».
Rushdie a souligné l’impératif de diligenter une enquête et d’entamer des poursuites judiciaires complètes, rapides et transparentes, afin d’appliquer la loi sur tous les responsables de cet acte « odieux ».
Elle a exprimé «le choc et la tristesse» face à l'assassinat de Slim qui, selon elle, «défendait la liberté d'expression et d'opinion».
Et la responsable d’ajouter que « le peuple libanais mérite une justice indépendante et efficace pour atteindre les résultats escomptés avec la rapidité requise, garantir le jugement des responsables du crime et mettre un terme à l’impunité qui prévaut au Liban ».
Plus tôt dans la journée de jeudi, Lokman Slim a été retrouvé mort dans sa voiture dans le village al-Adoussia, au Liban-Sud.
L'agence de presse libanaise (NNA, Officiel) a déclaré que le cadavre du militant avait été criblé de cinq balles, 4 au niveau de la tête et une dans le dos, alors que les enquêtes se poursuivent pour faire la lumière sur les circonstances du crime.
Slim, 58 ans, est un militant de premier plan et l'un des opposants les plus farouches au Hezbollah chiite pro-iranien, organisation politique puissante, très influente et omniprésente au Liban-Sud.
L'assassinat survient quelques heures après la disparition de Slim, à son retour d’une visite effectuée à la maison de son ami dans un village du Liban-Sud, selon un post publié par sa sœur Rasha Slim, sur son compte Facebook.
Le défunt avait fait l'objet auparavant de plusieurs campagnes dans lesquelles il était accusé de trahison par des partisans du Hezbollah et de son allié le « Mouvement Amal ».
Lesdits partisans n’ont pas hésité, l'année dernière, à s’infiltrer dans son jardin, pour lui laisser une lettre de menace, avec des balles et un silencieux.
À cette époque, Slim avait publié un communiqué dans lequel il imputait la responsabilité de toute attaque contre sa personne, au Hezbollah dirigé par Hassan Nasrallah et au « Mouvement Amal » sous la direction du président du Parlement libanais, Nabih Berri.
Aujourd'hui, plusieurs villes libanaises, dont Beyrouth, Tripoli, Sidon et Zahlé, ont été le théâtre de manifestations condamnant l'assassinat de Lokman Slim, rapporte le correspondant de l'Agence Anadolu.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail