Mourad Belhaj
16 Décembre 2019•Mise à jour: 24 Décembre 2019
AA / Beyrouth / Raya Shartouni
La présidence libanaise a annoncé le report des consultations parlementaires, pour nommer un Premier ministre, à jeudi.
Il s'agit du deuxième report des consultations annoncé par la présidence afin de laisser le temps à de nouvelles consultations, sur fond de crise concernant la formation du gouvernement.
C’est ce qui ressort d’un communiqué de la présidence, dont Anadolu a reçu une copie, et dans lequel il a été signalé que le Premier ministre intérimaire Saad Hariri a appelé le président Michel Aoun, pour lui exprimer son souhait de reporter les consultations parlementaires.
Le communiqué ajoute: "Le président a répondu au souhait de Hariri et a décidé de reporter les consultations parlementaires à jeudi".
Les consultations parlementaires étaient initialement prévues pour lundi 9 décembre, avant d'être reportées au 16 décembre, puis à jeudi prochain, 19 décembre 2019.
Dimanche soir, une source proche d'Aoun a révélé à Anadolu qu'une rencontre avait été annoncée samedi entre le président libanais et Al-Hariri au palais de Baabda.
La source a qualifié la réunion d'"ordinaire" affirmant qu’elle n’était "ni négative ni positive".
Le nom d'Al-Hariri s’est à nouveau imposé lors des consultations, alors qu’il avait auparavant refusé de se porter candidat à la formation du gouvernement, insistant pour former un gouvernement de technocrates, pour répondre aux exigences des manifestants.
Hariri a été contraint de démissionner le 29 octobre dernier, sous le poids des protestations populaires qui se poursuivent depuis le 17 octobre.
Les manifestants réclament un gouvernement de technocrates capable de faire face à la situation politique et économique, dans un pays qui connaît la pire crise économique depuis la guerre civile de 1975-90.
D'autres, dont le président Aoun, le Courant patriotique libre, le Hezbollah et le mouvement Amal, veulent former un gouvernement hybride de politiciens et de technocrates.
Les manifestants exigent également des élections législatives anticipées, la récupération de l'argent pillé et le départ de la classe dirigeante, qu’ils accusent de corruption et d'incompétence.