Muhammet İkbal Arslan
28 Janvier 2024•Mise à jour: 28 Janvier 2024
AA / Genève / Muhammet Ikbal Arslan
Le Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a appelé les donateurs, dimanche, à ne pas suspendre leur soutien financier à l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), malgré les allégations selon lesquelles certains membres du personnel de l'agence auraient été impliqués dans l'attaque contre Israël, le 7 octobre dernier.
Tedros Adhanom Ghebreyesus a appelé les donateurs à ne pas suspendre les financements qu'ils accordent à l'agence et a déclaré sur X : "Nous appelons les donateurs à ne pas suspendre leurs financements à l'UNRWA en ce moment critique. Une telle mesure ne ferait que nuire à la population de Gaza qui a désespérément besoin d'aide".
Plusieurs pays occidentaux, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Italie, l'Australie et le Canada, ont suspendu leurs financements à l'agence des Nations unies, à la suite des allégations formulées par Israël, vendredi, selon lesquelles certains membres du personnel de l'agence étaient impliqués dans l'attaque perpétrée, le 7 octobre, par le mouvement de résistance palestinien Hamas.
D'autres pays, comme l'Irlande et la Norvège, ont salué l'ouverture d'une enquête sur ces allégations, mais ont déclaré qu'ils ne supprimeraient pas leur aide.
L'agence des Nations unies a déclaré qu'elle avait mis fin aux contrats de plusieurs employés à la suite des allégations israéliennes.
Ces accusations ne sont pas les premières du genre. Depuis le début de la guerre de Gaza, Israël a accusé les employés de l'UNRWA de travailler pour le Hamas, ce qui a été considéré comme une "justification" pour attaquer les écoles et les installations de l'organisation dans la Bande de Gaza, qui abrite des dizaines de milliers de personnes déplacées, selon les analystes.
Les allégations israéliennes interviennent alors que la Cour internationale de justice (CIJ) a jugé plausible, vendredi, l'affirmation de l'Afrique du Sud selon laquelle Israël se livrerait à un génocide dans la Bande de Gaza. La Cour a rendu une ordonnance indiquant des mesures conservatoires enjoignant à Israël de cesser d'entraver l'acheminement de l'aide vers la Bande de Gaza et d'améliorer la situation humanitaire.
Faisant fi de l’ordonnance de la CIJ, Israël poursuit ses attaques contre la Bande de Gaza, où au moins 26 422 Palestiniens ont été tués, principalement des femmes et des enfants, et 65 087 autres blessés depuis le 7 octobre, d'après les autorités sanitaires palestiniennes. Israël affirme que près de 1 200 personnes auraient été tuées dans l'attaque du Hamas.
L'offensive israélienne a entraîné le déplacement de 85 % de la population de Gaza, confrontée à de graves pénuries de nourriture, d'eau potable et de médicaments, tandis que 60 % des infrastructures de l'enclave ont été endommagées ou détruites, selon les Nations unies.
*Traduit de I’Anglais par Mourad Belhaj