Abdel Ra'ouf D. A. R. Arnaout
07 Février 2024•Mise à jour: 07 Février 2024
AA / Jérusalem / Abdel Ra'ouf Arnaout
La Société de radiodiffusion publique israélienne (Kan) a affirmé ce mercredi que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu avait donné son feu vert à un cessez-le-feu à Gaza durant les périodes transitoires qui séparent les étapes de l'accord attendu avec le mouvement Hamas, et ce, sans informer le Cabinet militaire de sa décision au préalable.
Selon la Kan : “Le Premier ministre Benyamin Netanyahu a donné son feu vert à un cessez-le-feu dans la bande de Gaza entre les étapes de l’accord de libération des otages, et il n’en a pas informé le Cabinet militaire à l’avance“.
"C'est le Qatar qui a demandé un cessez-le-feu durant la progression entre les étapes (de transition) de l'accord, afin que les négociations entre les deux parties puissent se poursuivre lors de la transition d'une étape à l'autre", a expliqué la même source.
La Société de radiodiffusion a également rapporté : “Il semble que la période de transition, entre les étapes, durera environ une semaine, ce qui signifie que le cessez-le-feu accepté par Netanyahu durera pour une période similaire lors du passage d’une étape à l’autre“.
“Le Premier ministre a accepté la demande qatarie lors d’une conversation qu’il a eue avec le chef du Mossad, David Barnea, lors de sa participation au sommet des chefs du renseignement à Paris“ le mois dernier, a fait savoir la Kan.
La même source a rapporté que “Selon des sources informées des détails des discussions, les membres du Cabinet militaire n’ont été informés de cette question qu’après l’approbation de Netanyahu“.
La Kan a cité les déclarations du bureau du Premier ministre qui a fait savoir que "Les directives du Premier ministre au chef du Mossad sont permanentes, et il les a partagées avec tous les membres du Cabinet de guerre et a obtenu leurs commentaires".
Le 28 janvier dernier, une réunion s'est tenue à la capitale française, Paris, avec la participation d'Israël, des États-Unis, de l'Égypte et du Qatar, pour discuter d'un accord d'échange de prisonniers et d’un cessez-le-feu à Gaza, qui devrait s’articuler sur trois étapes, selon des sources palestiniennes et américaines.
Le Hamas avait annoncé dans la journée du mardi, par voie de communiqué, qu'il avait livré sa réponse à l'Égypte et au Qatar concernant “l'accord-cadre“ pour la proposition d'échange de prisonniers et le cessez-le-feu dans la bande de Gaza.
Le ministre qatari des Affaires étrangères, Mohammed ben Abdul Rahman Al Thani, a confirmé dans la même journée, lors d'une conférence de presse avec son homologue américain Antony Blinken, que Doha avait reçu une réponse du Hamas à la proposition de cessez-le-feu dans la bande de Gaza, qui était “positive et inclut des observations“.
Le porte-parole du Conseil de sécurité nationale des États-Unis, John Kirby, a également déclaré aux journalistes dans la même journée du mardi : “Nous pensons qu'une proposition sérieuse de cessez-le-feu prolongée a été avancée, et nous sommes toujours en train d'essayer de signer et de mettre en œuvre cette proposition“.
Le 1ᵉʳ décembre 2023 prenait fin une trêve temporaire entre le Hamas et Israël, qui avait été conclue grâce à une médiation du Qatar, de l’Égypte et des États-Unis, pour une durée de 7 jours, au cours desquels des prisonniers avaient été échangés et une aide humanitaire limitée avait été apportée dans la bande de Gaza, habitée par environ 2,3 millions de Palestiniens. .
Tel Aviv estime qu'il y a environ 136 prisonniers israéliens à Gaza, alors que les autorités israéliennes détiennent au moins de 8 800 Palestiniens dans leurs prisons, selon des sources officielles des deux côtés, mais ces chiffres ne sont pas officiellement confirmés par aucune des deux parties.
Depuis le 7 octobre 2023, l’armée israélienne mène des opérations militaires meurtrières, avec le soutien américain, contre Gaza, qui ont fait jusqu’à la journée du mardi “27 585 tués et 66 978 blessés, des femmes et des enfants pour la plupart, selon les autorités palestiniennes, et provoqué “d’énormes destructions et une catastrophe humanitaire sans précédent“, selon les Nations unies.
* Traduit de l’arabe par Mounir Bennour.