Tarek Fathi Mohamed
06 Novembre 2021•Mise à jour: 06 Novembre 2021
AA/New York
Le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé les belligérants en Éthiopie à cesser les hostilités, à négocier un cessez-le-feu durable et à créer les conditions nécessaires pour amorcer un dialogue national éthiopien inclusif.
C’est ce qui ressort d’une déclaration du Conseil adoptée à l'unanimité de ses pays membres (15 pays) sur la situation en Éthiopie, dont l’Agence Anadolu a obtenu copie.
Les pays membres du Conseil ont exprimé dans leur déclaration, « leur profonde inquiétude au sujet de l'extension et l'intensification des affrontements militaires dans le nord de l'Éthiopie, et les répercussions du conflit sur la situation humanitaire, le stabilité du pays ainsi que celle de la région ».
Ils ont également fait valoir « les efforts du Secrétaire général des Nations Unies (Antonio Guterres) pour faire face à la situation en Éthiopie », appelant « toutes les parties éthiopiennes à s'abstenir de tout discours de haine et d'incitation à la violence et à la division ».
Dans leur déclaration, les pays membres du Conseil ont appelé au « respect du droit international humanitaire, à garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave en Éthiopie et au rétablissement des services publics ».
Le Conseil de sécurité a également appelé à « mettre fin aux hostilités, à négocier un cessez-le-feu durable et à créer les conditions propices pour lancer un dialogue national éthiopien inclusif pour résoudre la crise et jeter les bases de la paix et de la stabilité dans tout le pays ».
Les 15 pays membres ont réitéré leur « soutien au rôle des organisations régionales, notamment l'Union africaine (UA), dans la résolution des conflits et le maintien de la paix et de la sécurité régionales ».
Ils ont également fait part de leur « soutien au Haut représentant de l'UA pour la Corne de l'Afrique, Olusegun Obasanjo, et ses efforts pour parvenir à un cessez-le-feu et à une solution rapide et pacifique du conflit ».
Le Conseil de sécurité a réaffirmé son « ferme attachement à la souveraineté, à l'indépendance politique, à l'intégrité et l'unité territoriale de l'Éthiopie ».
Le président du Conseil de sécurité, - l'ambassadeur mexicain aux Nations Unies Juan Ramón de la Fuente -, a annoncé vendredi le report de la réunion d'urgence sur l'Éthiopie à lundi prochain.
« Les membres du Conseil ont convenu de reporter la réunion qui devait avoir lieu cet après-midi, à lundi prochain », a déclaré de la Fuente aux journalistes présents au siège des Nations Unies à New York.
La réunion d'urgence du Conseil de sécurité devait débuter à 15h00 de l’après-midi (heure de New York), mais la présidence du Conseil de sécurité, - assurée par le Mexique -, avait décalé la réunion d’une heure.
La publication des déclarations du Conseil de sécurité, nécessite l’approbation unanime de tous les pays membres (15 pays).
« Guterres souhaite voir une position unifiée de tous les pays membres du Conseil au sujet la crise en Éthiopie », a déclaré à la presse Farhan Haq, Porte-parole adjoint du Secrétaire général de l'ONU.
Le Parlement éthiopien avait approuvé jeudi l’imposition de l'état d'urgence dans tout le pays.
Le gouvernement éthiopien avait décrété mardi, l’état d'urgence dans l’ensemble du pays, à la suite de l'avancée réalisée par les forces rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) dans la région Amhara.
Le TPLF avait affirmé dimanche s’être emparé de la ville de Kombolcha après avoir revendiqué, la veille (samedi), le contrôle de la ville stratégique voisine de Dessie, dans la région Amhara, au nord du pays.
Le 4 novembre 2020, des affrontements ont éclaté dans la région du Tigré entre l'armée éthiopienne et le Front de libération du peuple du Tigré, après l'entrée des forces gouvernementales dans la province, en représailles à une attaque contre une base militaire, avant qu'Addis-Abeba n'annonce le 28 du même mois que l’opération de «maintien de l'ordre» a pris fin par le contrôle de toute la région.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail