AA/Karachi (Pakistan)/ Aamir Latif
Au moins 2500 déplacés internes pakistanais ont pu quitter les camps de réfugiés pour rejoindre leurs maisons dans leur région natale du Waziristân du Sud, pour la première fois depuis cinq ans.
Un sentiment de joie mêlé d’appréhension régnait parmi les réfugiés du camp situé dans le district de Taank, alors qu’ils se dirigeaient vers la ville de Sarwakai, après que l’armée a annoncé que le zone avait été débarrassée des insurgés.
Depuis le lancement, en 2009, d’une opération militaire d’envergure pour déloger les insurgés de cette région tribale du Pakistan, devenue le bastion des Talibans, seuls 11 000 des 80 000 réfugiés internes ont pu retourner chez eux.
L’armée a déclaré que son offensive avait déraciné le principal réseau Taliban du pays, le Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), forçant ses membres à s’enfuir vers le Waziristân du Nord, où une opération militaire similaire a été entamée en juin dernier, déplaçant un million de personnes.
Les familles déplacées ont chacune reçu 35 000 roupies [350 USD] pour leur transport et la reconstruction de leurs habitations, ce qu’elles ont qualifié comme une aide «insignifiante».
L’armée a également fourni à chaque famille, une tente, ce que les familles ont interprété comme le signe que leurs maisons n’ont pas tenu.
«Nos maisons et nos commerces ont été rasés ou endommagés par les opérations terrestres ou aériennes. Rien n’a été conservé pour nous là-bas » a déclaré Ameer Mohammad, 35 ans, qui gagnait sa vie en conduisant un pousse-pousse dans la capitale commercial du Pakistan, Karachi.
«Je planterai la tente sur les décombres de ma maison et y vivrai avec ma famille. Au moins, je me sentirai chez moi» a conclu le jeune pakistanais.
Mohammad confie ne pas savoir comment recommencer sa vie, et bien qu’il possède une terre agricole, il ne sait pas dans quel état il la retrouvera.